1. Tout est bien qui finit (presque) bien


    Datte: 05/02/2023, Catégories: fh, ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... crois que l’on devrait faire une pause, mon lieutenant.
    — Vous avez raison. Je boirais bien un café. Voulez-vous une boisson ? demanda-t-elle, d’une voix bienveillante, à Zéneur.
    
    Celle-ci pensant arriver au bout de son calvaire acquiesça d’une voix qui avait retrouvé un peu de sérénité :
    
    — Un thé, déthéiné si vous avez.
    — On va vous trouver ça, répondit l’adjudant-chef en sortant de la salle.
    
    La porte fermée, Levaudout eut cette remarque sibylline :
    
    — Y’ a un os dans la noce !
    
    Répondant à la mimique d’incompréhension de sa supérieure, il enchaîna :
    
    — J’ne suis pas un spécialiste des interrogatoires criminels, mais elle nous l’a fait monocorde, larmoyante et monosyllabique. Et elle finit par une déclaration tarabiscotée sur le mode énervé.
    — Et vous en déduisez ?
    — Qu’il y a un loup dans le ragoût.
    
    Élodie éclata de rire.
    
    — Vous avez de ces expressions ! Mais si je l’interprète bien, je suis plutôt d’accord avec vous. Cette soudaine excitation déplacée et cette phrase, trop élaborée qu’on dirait apprise me paraissent suspectes. Elle n’a rien d’un truand, habitué aux interrogatoires. On va la laisser mariner un moment et elle va cracher le morceau.
    
    Les deux gendarmes prirent donc tout leur temps pour boire leur café. À leur retour, ils s’aperçurent que le thé avait refroidi dans le mug sans que Zéneur y touche. La tête dans ses mains, elle sanglotait nerveusement. Quand elle prit conscience de leur présence, elle releva les yeux et leur déclara ...
    ... résignée :
    
    — Autant que je vous dise tout. N’importe comment vous finirez par le savoir et j’aurais l’air encore plus coupable que je ne le suis déjà.
    
    Et elle leur raconta comment vers minuit le soir du meurtre, ne pouvant dormir, morte d’inquiétude, voyant son monde s’écrouler, elle avait voulu tenter une fois encore de convaincre Corine d’abandonner ses projets. Elle leur avoua qu’elle était prête à rester la maîtresse de celle-ci, si elle ne détruisait pas son couple. Elle avait frappé plusieurs fois à la porte de derrière, sans provoquer aucune réaction. Pourtant la lumière brillait dans la chambre. Elle ne voulait pas lui répondre. Alors qu’elle s’apprêtait à retourner chez elle, mue par elle ne savait quelle impulsion, elle avait tourné le loquet. La porte s’était entrebâillée. Elle était montée à l’étage en appelant. Toujours sans réponse, elle s’était dirigée vers la pièce éclairée qu’elle trouva vide et dans un désordre tout à fait inhabituel. Elle eut peur, elle se rendit au salon, trouvant le même désordre puis à la cuisine où elle était tombée sur le corps de son amie.
    
    Elle avait paniqué. Amatrice de roman policier, elle avait tout de suite compris qu’elle ferait la coupable parfaite. Pas d’alibi, un mobile en béton, un camouflage bidon en cambriolage alors qu’on avait laissé tablette, laptop et téléphone. Essuyant ses empreintes compromettantes sur les boutons de porte, elle avait également emporté les trois appareils autant pour les indices l’impliquant ...
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