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Frangine contre Frangine (1)
Datte: 03/02/2023, Catégories: Erotique, Auteur: Count Zero, Source: Xstory
... avait laissé sa place à un autre personnage qu’Agnès connaissait bien : elle-même. Ça n’était plus Roxane qui se faisait prendre brutalement par Daniel... c’était elle, petite chose fragile et pâle. Elle se figea un instant, mal à l’aise. Mais son imagination continua de lui envoyer d’autres scènes. Elle sentait le corps chaud et fort de l’homme de sa sœur à côté d’elle, elle sentait qu’il l’attrapait, d’une main vigoureuse, au cou et à la chatte. Elle se masturba de plus belle, appuyant aussi fort qu’elle le pouvait. Le Daniel imaginaire lui pressait les seins après lui avoir arraché son soutien-gorge vert pomme. Elle imagina sa verge tendue se frotter sur elle. D’abord sur ses hanches, puis entre ses seins, et enfin au niveau de son visage. Elle ouvrit la bouche dans le monde réel, malgré elle, et se représenta le pénis de l’homme faire une entrée sauvage entre ses lèvres. Elle imagina Daniel lui parler...prends ça, fais-moi plaisir, tu vas aimer, je viens... — Je viens aussi, souffla-t-elle, pour elle-même. Une ultime bouffée de chaleur monta en elle, et elle jouit en se contorsionnant le plus silencieusement qu’elle put. Un ultime soubresaut acheva de faire tomber une pile de livres qui marchandaient sur le rebord de sa table de nuit, le bruit sec des pavés de papier sur le parquet la ramena brutalement à la réalité. Elle se retrouva allongée sur son lit, les yeux écarquillés, suante et poisseuse dans ses vêtements, les ...
... doigts encore appuyés contre sa culotte, les cheveux collés sur son front. Elle essaya d’écouter ce qui se passait dans la chambre voisine, sans parvenir à percevoir quelque autre son que celui de sa respiration lente, mais bruyante. Elle pensa immédiatement que la chute des livres les avait effarouchés, et elle fut prise d’une panique sourde quand elle réalisa qu’ils avaient peut-être deviné qu’Agnès les espionnait à travers la cloison. Elle resta crispée une bonne minute, essayant de trouver la meilleure manière de nier les potentielles accusations qu’on porterait contre elle. Les deux amants quittèrent simplement la chambre, et alors qu’Agnès s’inquiéta une seconde lorsqu’ils passèrent devant sa chambre en riant, ils la dépassèrent et empruntèrent l’escalier grinçant qui menait au rez-de-chaussée. Riaient-ils d’elle ? La menace éloignée, Agnès se releva doucement. Le léger mal de crâne qui pointait le bout de son nez ne suffisait pas à pourrir le sentiment de bien-être qu’elle ressentait dans son corps. Malheureusement, ce bien-être doux et léger céda sa place, lentement mais sûrement, à un grand vide qui grossissait à l’emplacement de son cœur. Elle se sentait tiraillée. Intelligente comme elle l’était, Agnès comprit - sans pour autant qu’elle n’ose le formuler en ces termes - que son désir pour le jeune homme n’irait jamais en décroissant tant qu’il serait dans les parages. Elle se demanda même si ce désir disparaîtrait un jour.