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Minuit à Berlin
Datte: 01/01/2023, Catégories: Divers, Auteur: Lebateleur, Source: Xstory
Minuit à Berlin : Charline s’emmitoufla dans la couette, poussant en même temps un gémissement dans lequel étaient mélangées la satisfaction et la somnolence. C’est amusant, se disait Ali en tirant sur sa cigarette électronique, de toutes les femmes qu’il connaissait, Charline était bien la seule que l’orgasme plongeait dans la somnolence. Puis il se fit la réflexion qu’il n’avait jamais connu intimement dans sa vie que trois femmes (sans compter Charline), et que ce n’était pas vraiment un échantillon représentatif de la gent féminine. Il expira une bouffée de fumée en travers de la fenêtre, celle-ci partit mourir loin dans le ciel étoilé de Berlin. Il posa son regard un moment sur la métropole de l’Europe centrale. Essayant d’imaginer les vies qui pouvaient se jouer dans les appartements dont on percevait les fenêtres éclairées. Il avait envie d’uriner, mais se retenait, il lui sembla que par cet acte, il briserait le restant de magie qui survivait dans l’instant de l’après-coït. Il sut se contenir un moment, mais finalement, dut aller aux toilettes. Ce n’est qu’en plein dans l’action qu’il se rendit compte qu’il n’avait pas fermé la porte. Il se demanda si c’était le fait d’avoir couché avec la fille qu’il considérait comme sa sœur qui était la cause de cette négligence. Ou s’il fallait y voir une manifestation de son inconscient : un désir refoulé d’exhibition urinaire ? Ou alors désir de marquer le début d’une nouvelle promiscuité, style « On a couché ...
... ensemble. Je peux bien pisser la porte ouverte et toi péter dans le plumard !». Quoi qu’il en soit, ce n’était ni fait ni à faire. Surtout quand on est le descendant de bourgeois d’Alger. Il sortit de la pièce d’eau, puis posa son regard sur les cheveux roux de Charline. Elle dormait d’un somme léger. Il n’y avait pas vingt minutes, elle était en amazone sur lui, son visage tournait vers le plafond dans un râle de jouissance, tandis que lui se vidait dans son vagin. Il était onze heures trente. Son téléphone sonna. C’était sa mère. Oui, Charline allait bien (même si elle avait vécu sa petite mort). Oui, il était heureux de la revoir après trois mois d’absence (surtout pour la voir de si près). Oui, bisou à toi aussi, et à papa. Il s’assit sur le lit. Ils s’étaient rencontrés lorsqu’ils étaient enfants. Ses parents à lui venaient de s’installer dans une ville dortoir du sud de l’Île-de-France après avoir fui leur pays. Elle et ses parents étaient leurs voisins. Il toucha ces longues mèches rousses, dont il avait respiré à plein poumon l’odeur quelques minutes auparavant. Il avait toujours eu quelque chose pour les chevelures féminines, longues de préférence. Il ne savait pas si c’était une espèce de fétiche, ça avait toujours été là. Il se leva et alla vers la kitchenette pour se faire un thé. Il ne jugea pas bon de fermer la fenêtre, l’air de cette soirée de mai était suffisamment chaud. Tandis que la boisson infusait, le chant de Noël que James lui avait ...