-
Le saut dans le vide
Datte: 20/12/2022, Catégories: ff, fépilée, init, lesbos, Auteur: Reveur73, Source: Revebebe
... coup dur, parce que je sais, que cela ne pourra jamais rester à sens unique. En lui disant cela, j’ai posé ma tasse vide et allongé mes mains sur la table pour les tendre vers les siennes. Elle accepte ce geste et prend mes mains. — Tu sais le courage qu’il a dû te falloir pour faire tout ce que tu as fait ce soir ? Dire tout ce que tu m’as dit ce soir ? Perso, jamais je n’aurais pu dire autant à une amie. Tu m’as éblouie par ta force. Malgré tous les détails que tu m’as donnés, j’ai des tas de questions qui me viennent, mais je ne veux pas te faire croire que l’on est sur ta terrasse pour te faire passer un interrogatoire. Alors, à moi… à moi de te dire maintenant, à moi de t’expliquer ma vie pour que tu me connaisses comme je te connais maintenant. Tu dois savoir qui je suis. — D’accord, je veux bien t’écouter, mais pas ici. Tu veux que l’on retourne sur la balancelle comme tout à l’heure ? J’étais bien sûr ce confessionnal… dit-elle avec un sourire charmeur. — Oui, je veux bien, mais on inverse les positions alors, car là c’est moi qui me confie… — D’accord ! me répond-elle spontanément Point de vue d’Élise Un sourire sûrement béat doit illuminer mon visage. Ce qui me rassure, c’est que je vois le même sur le visage de Svetlana. En lui prenant une main qu’elle avait approchée des miennes par-dessus la table, je me lève d’un bon. J’avale la dernière goutte de café restée au fond de ma tasse. C’est celle que je préfère, elle a refroidi et le parfum du café ...
... est concentré dans cette ultime goutte. Je prends ses deux mains et contourne cette table pour aller m’étendre sur cette balancelle qui va de nouveau être le témoin du rapprochement de nos deux corps. Je m’installe en travers de ce siège confortable, le dos contre l’accoudoir, la cuisse gauche contre le dossier et la droite restée dans le vide du siège. Mes cuisses sont ainsi grandes ouvertes, comme les siennes quelques minutes plus tôt. Je ressens une fierté supplémentaire de prendre cette position indécente face à elle. Elle s’allonge entre mes cuisses. Mais elle ne croise pas ses mains sur sa poitrine. Elle les pose sur mes cuisses qu’elle prend pour les rabattre sur elle, mes pieds viennent naturellement se rejoindre au milieu de ses jambes, à quelques centimètres de son entrecuisse. Du coup, je n’ose pas rabattre mes mains sur son corps, elles viennent atterrir sur ses bras. Elle commence donc son récit, comme je l’ai fait : son enfance en Russie, ses études scientifiques d’ingénieur, sa famille issue de la classe ouvrière, avec peu de revenus. Son métier d’ingénieur, lui aussi peu rémunéré contrairement à ce que l’on pourrait croire malgré l’essor de la Russie. Son salaire, son environnement de vie n’ont pas fait le poids face à l’amour qu’elle portait à son ex-mari pour le suivre en France et se marier avec lui. Elle parle couramment trois langues, le russe, le français et l’anglais. Elle avait aussi quelques notions de Japonais, mais elle ne pratique plus depuis ...