1. La Lune et Vénus brillaient dans le ciel (1)


    Datte: 23/11/2022, Catégories: Hétéro Auteur: Homme-jouet

    16H00
    
    Le TGV qui m’emmenait, s’ébranlait lourdement le long de la voie. Cela faisait des mois que ce jour qui se profilait dans mon esprit, était enfin arrivé. Le ciel d’un bleu pâle, était clairsemé de nuages blancs. Il faisait frais comme une journée de mars quand l’hiver touche à sa fin. c’était d’ailleurs le dernier jour de la saison froide.
    
    Je rêvassais, songeant à ces mois passés. Ces mois de questionnements sur moi, mon couple, mes filles.
    
    Des questions ? Quel euphémisme !...
    
    Ce n’était pas des questions mais des angoisses permanentes, mêlées de désespoir, le désespoir de ne jamais m’en sortir, de me battre contre des moulins à vent pour ne pas sombrer, ne pas me noyer submergé par ce mal qui me rongeait l’esprit chaque jour un peu plus. Ce mal qui m’avait fait perdre tout goût pour ma vie quotidienne et m’avait éloigné de mes enfants. Oh, pas éloigné physiquement, non ! J’ étais bien là chaque jour pour subvenir à leurs besoins. Pour les amener à l’école de temps en temps, pour aller faire les courses à l’hyper du coin, pour les emmener au cinéma voir des films réservés aux tous petits, car elles n’avaient que quatre et six ans. Mais jamais je ne jouais avec elles. Jamais je ne prenais du temps pour elles tant j’étais enfermé dans un obsédant désespoir. Le cœur n’y était pas. Mon esprit ailleurs, les plus belles années de ma vie filaient. Je le savais mais mes pensées étaient trop parasitées sur ce qui me faisait cruellement défaut : je n’arrivais plus à ...
    ... retrouver goût à la vie.
    
    Le mal qui était en moi s’était distillé comme cancer depuis des années. Au début, tout comme à la première cellule anormale, aucun changement notable. Ce n’est que plusieurs années après une longue gestation qu’il avait pris possession de moi, de mon esprit, du moindre de mes moments de rêverie. Il m’empoisonnait chaque jour un peu plus et j’étais présent tout en étant absent.
    
    Il faut dire que j’étais de toute façon un être assez peu « extérieur ». Depuis ma plus tendre enfance, j’avais toujours nourri un imposant monde intérieur. J’étais une personne douce, rarement dans le conflit, ce que j’aborais par dessus tout. Je n’étais pas de nature pressée. Je pouvais attendre très longtemps l’avènement de jours meilleurs, me disant que les choses finissaient toujours par s’arranger.
    
    Ses longues périodes intérieures avaient fait de moi un homme peu expressif et jugé de prime abord comme froid et distant, ce qui me désolait. Je me savais d’un tempérament plutôt lunaire et me serais bien voulu par moments un peu plus solaire dans la vie. Pas au point de faire continuellement le pitre pour amuser la galerie et attirer sur moi les regards, principalement celui des femmes à l’instar de certains, mais j’aurais apprécié d’être une sorte d’entre deux. Au lieu de cela, me croyant sans grand intérêt dans ma personne ainsi que dans mes mots, je restais souvent en retrait lors des soirées alors que de petits groupes se formaient et entamaient des conversations. ...
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