1. Le projet artistique (1)


    Datte: 22/11/2022, Catégories: Hétéro Auteur: Yojik

    Je venais d’entamer cette année de "consolidation", comme elle était présentée dans cet établissement, à la rentrée de 1990. L’établissement en question était une école privée pour gosses de familles aisées. Ce n’était pas un truc catholique, mais plutôt le genre boîte à Bac. Et encore, mon Bac et ma majorité, je les avais eus au mois de juin précédent. Comme ici, on se voulait en avance sur les méthodes d’enseignement, et qu’on en avait les moyens, je me farcissais cette année de consolidation des connaissances. Ce n’était ni plus ni moins qu’une Terminale Bis. C’était un peu entre la dernière année de High School aux US et la première année d’université. Les élèves et étudiants revoyaient pas mal de choses et continuaient ensuite une année assez générale avant de se spécialiser. D’ailleurs, l’image de l’éducation "à l’américaine" collait aux méthodes d’éducations. Nous faisions plus de sport que quand le cursus français classique.
    
    Comme l’éducation nationale imposait tout de même un certain rythme et un certain niveau attendu, nous ne nous éloignions pas tant que ça durant les années lycées normales. Mais après, nous entrions, pour les parents qui le souhaitaient et ceux dont les enfants avaient suivi une scolarité dans d’autres établissements privés ou publics de suivre cette année bizarre. Ensuite, nous devions enchaîner vers des classes préparatoires aux concours aux grandes écoles d’ingénieurs, de commerce, certaines universités prestigieuses, etc. On revoyait de ...
    ... manière générale tout le programme des trois années précédentes. Le but étant de nous donner de solides connaissances, et pas seulement dans la filière dans laquelle nous avions eu notre Bac. Avec le recul, je compris tout l’intérêt de la chose, mais sur le moment, j’avais l’impression qu’on me forçait à rester dans l’adolescence. Alors que j’aurais voulu être pleinement étudiant et plus libre de mes mouvements.
    
    Autre particularité de cet établissement, c’est qu’il imposait aux élèves de proposer un projet artistique à mener tout au long des trois ans post Bac (année de consolidation, et classes préparatoires) afin qu’il soit présenté à un jury. Le meilleur projet (réalisé seul ou en groupe) se voyait décerner un prix (généralement un voyage pour fêter l’admission dans une grande école ou une université prestigieuse).
    
    Il y avait plusieurs ateliers possibles : peinture/dessin, sculpture, théâtre, écriture, chant, danse, cinéma. N’ayant aucun talent pour le dessin, dansant comme une patate, ayant une voix qui n’avait pas tout à fait fini de muer et pas spécialement de mémoire pour apprendre un texte ou en écrire un, je m’étais rabattu sur l’atelier cinéma sans trop d’hésitation. J’aurais bien aimé un atelier photographie, que je pratiquais assidument à l’époque, mais le labo photo était en rénovation pour l’année. Donc le cinéma était le moins mauvais choix, je m’inscris rapidement, car le nombre de places était limité à huit pour cause de matériel restreint.
    
    Manque de ...
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