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[Sci-Fi] L'évolution de la race humaine (61)
Datte: 19/11/2022, Catégories: Divers, Auteur: SexFlag, Source: Xstory
Chapitre 61 : La sphère Sa sphère allait bientôt se briser, elle le sentait. Cela faisait des semaines qu’elle la maintenait sans fléchir. Ou peut-être était-ce seulement quelques heures ... La notion de temps lui avait complètement échappée et l’espace, pour elle, ne se réduisait qu’à cette simple sphère. Par moments, elle ressentait une pression dans son esprit, comme si quelqu’un tentait une incursion dans sa précieuse bulle. Alors elle se tendait comme un arc et la présence s’arrêtait, prise d’un doute. Celle-ci restait alors prostrée où elle se trouvait durant quelques minutes en s’agitant bizarrement avant de s’en aller. De la nourriture et de l’eau lui parvenaient sans qu’elle ne sache ni comment ni pourquoi, mais c’étaient là des questions qui ne faisaient qu’effleurer sa conscience. Elle se contentait de boire quand elle avait soif et de manger quand elle sentait son estomac gronder. Le reste du temps, elle se contentait d’exister. Recroquevillée dans son coin, elle maintenait sa sphère. Il est étrange de penser que l’on puisse se trouver dans le coin d’une bulle, car, par définition, une sphère est entièrement dépourvue d’angles. Comment cette femme pouvait-elle donc se trouver dans un coin ? Si quelqu’un le lui avait demandé, elle n’aurait rien dit. Peut-être parce qu’elle ne connaissait elle-même pas la réponse, peut-être parce qu’elle n’entendait pas ou ne comprenait pas la question ou peut-être parce qu’elle ne se souvenait tout simplement pas ...
... comment elle s’était retrouvée là ... La peur. La peur en était la cause. Cette femme avait été jetée dans cette pièce blanche sans explication ni habit. Seule et d’une tristesse épouvantable, la peur avait surgi comme un système de défense vieux de plusieurs milliers d’années et avait pris les commandes, balayant conscience, raison et toute autre émotion parasite. La femme s’était alors réfugiée dans le coin de la salle immaculée et, ramassée sur elle-même dans cette position fœtus que la peur lui avait dicté d’adopter, elle érigea sa sphère. Une bulle de protection incluant un coin et une frêle créature terrifiée. Mais, de tout cela, elle ne gardait aucun souvenir. Elle n’en avait d’ailleurs aucune nécessité, tout ce dont elle avait besoin, c’était sa peur et sa sphère. Mais depuis quelques jours, elle avait perçu un changement. Sa barrière avait diminué et son monde avec. Il y avait eu une pression, elle s’était raidie, mais la pression avait augmenté jusqu’à ce que sa protection en vienne à se rétracter. Une question avait alors surgi dans la partie consciente de son cerveau : pourquoi ? Sa peur n’était-elle plus assez puissante pour maintenir sa barrière ? Ou bien était-ce cette fatigue écrasante qu’elle sentait peser de plus en plus fort sur son esprit ? Ou encore, était-ce la faim ? La faim était terrible. Elle avait beau manger cette bouillie infâme qui lui parvenait, elle avait beau en ingurgiter jusqu’à ce que son ventre n’en puisse plus, elle mourrait de ...