1. Fragilité marocaine 2 (2)


    Datte: 05/11/2022, Catégories: Divers, Auteur: Sharhajar 5.0, Source: Xstory

    Le quotidien bouge pas. A croire qu’il n’a jamais évolué. Petite marocaine perdue sur ses montagnes russes. Des hauts et des bas mais chaque redescente glisse sur fumée de joint. Je vis cette vie et j’en ai jamais vécu une autre. Les garçons et les filles. La coke et la fume. L’alcool et la fête. Tous les soirs je gratte la croute donc tous les pansements sont bons à prendre.
    
    J’écris des noms au creux de mes yeux. Remplis la liste sans jamais la finir. Ces gens que j’aime, ces gens que j’estime, ces gens que je baise. Parfois elle se vide sur mes joues, mais je préfère quand ils se vident sur mes lèvres. C’est con mais laisser la liste pleine c’est laisser mes yeux secs, rougis par l’inquiétude et fumée âcre. Alors tous les soirs je les passe en revue, elle et leurs raisons de me détester. A deux doigts de perdre la mienne à force de leur en trouver.
    
    La liste n’est jamais pleine mais parfois elle est vide. J’ai plus rien dans le blanc des yeux, regard vitreux. S’attacher, s’attacher au hasard juste pour faire briller mes pupilles. Une soudaine envie de m’ouvrir juste pour me sentir aimée. Enchaîner les coups, juste trouver des noms à raturer plus tard. Une soudaine envie de mourir. Je vois pas d’autres moyens de finir la liste. Y a qu’un blaze qui l’occupe depuis des années, caché en bas de page. Vesa. Elle a mon cœur mais n’aura jamais rien de plus. Elle a mon respect, mais j’ai tendance à l’oublier. Elle le sait. Elle l’accepte. On vit cette vie, l’impression de ne ...
    ... jamais en avoir vécu une autre. L’impression que ça ne va jamais finir.
    
    Ouais ça va jamais finir. Trop attachées pour se séparer, jusqu’à se noyer ensemble. Ca va jamais finir, comme mon alcoolisme qui l’effraie, comme notre sexualité qui avorte toute idée de famille. Ca va jamais finir comme ces images au réveil. Ca va jamais finir comme la liste qui s’allonge tous les soirs. Comment lui expliquer que ma vie c’est celle-ci, pas une autre. Qu’elle est mon radeau mais que j’ai besoin de me noyer pour me sentir respirer. Sa beauté n’est que magnifiée par les coups des autres. Alors je remplis la liste sans jamais la finir. Quitte à perdre son nom de vue au bas de la page.
    
    J’ai rien de stable, rien sauf toi. Toi et ton regard de Sheita.
    
    Je veux de la simplicité. Ton cul serré contre mes reins. Sentir tes hanches serrées entre mes mains. Mon cou posé contre ta nuque. Sentir ton parfum et ton excitation entre mes doigts. Je voudrais que ces moments ne me quittent jamais. Toujours frôler tes mèches brunes au réveil.
    
    Mais je suis perdue dans mes traumas, dans la khapta, dans ton regard de Sheita.
    
    Alors j’allume toutes les mèches que je croise. Brune, blonde, rousse, peu importe tant qu’elles m’explosent entre les doigts. On baise, on s’aime, on s’oublie, et je sifflote dans tes draps. Les yeux au plafond, le vent glissé au creux de mes reins. J’attends ton retour et le prochain remplaçant. Sommeil troublé, nique sa mère la Lune, je me lève et m’endors à la lueur des ...
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