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Libère la Dragonne (6)
Datte: 24/10/2022, Catégories: Divers, Auteur: Phoenix5, Source: Xstory
Et voilà que de nouveau je prenais la route, cette fois-ci pour entrer dans la ville où m’attendait l’homme que j’allais décevoir. Le voyage dura trois jours. Trois longs jours avec pour seule compagnie ma jument, Honnora. Un percheron noir, taillé pour le combat et l’endurance. J’aimais cette jument, cela ne fait aucun doute, mais elle n’était pas très bavarde, ce qui rendait le voyage monotone. Ce fut donc un voyage long et monotone jusqu’à destination. Arrivé aux portes de la ville, les réserves que m’avait offertes Krystal étaient épuisées, et j’avais décidé que la somme qu’elle avait payée pour sa libération était bien trop élevée pour un seul homme, fût-il un seigneur. J’en avais donc prélevé une bonne partie pour mon propre compte en paiement de service rendu. Même s’il est vrai que les autres douceurs qu’elle m’avait offertes étaient à mes yeux un cadeau de grande valeur. Si le devoir ne m’avait pas rappelé, je serais volontiers resté avec elle. Arrivé aux portes, les gardes me laissèrent entrer. Je traversai la ville, toujours à cheval, et remontai la rue principale faite essentiellement de boutiques et d’échoppes. Au loin j’entendais les bruits de martèlement de la forge royale. Sur le chemin, j’aperçus un mendiant suppliant les passants pour un sou ou un crouton de pain. Le pauvre homme me faisant de la peine tant par son allure que par ses atours, je m’arrêtai et mis pied à terre à son niveau. — Quel est ton nom, mon pauvre ami ? — Franz, ...
... Monseigneur. Franz Durzal. — Depuis combien de temps écumes-tu les rues de la ville ? — Quelques semaines, Monseigneur. J’ai été harassé de taxes par le seigneur de la ville et suis maintenant sans le sou, quémandant ma pitance à qui veut bien me la donner et dormant sous les ponts faute de ce qui fut autrefois ma maison. — Permets-moi de t’aider. Viens avec moi. Il me suivit alors que je le menais chez un prêteur sur gages. Là, je présentai un saphir de la besace contenant ma part du butin. L’usurier le regarda de près avant d’écarquiller les yeux. Il resta silencieux un instant avant de m’annoncer qu’il était prêt à m’en donner pas moins de mille pièces d’or. — Ce n’est pas le mien: il s’agit de la possession de mon ami ici présent, dis-je en désignant Franz. L’usurier sortit d’un coffre derrière lui une bourse pleine de pièces qu’il posa sur son comptoir. Franz me regarda et me dit : — C’est trop, je ne puis accepter une pareille somme. — Mais, mon ami, cette pierre est à vous. Si vous souhaitez la vendre moins cher, il n’appartient qu’à vous d’en décider. Et sur ces mots je quittai l’échoppe pour me rendre au palais. J’y entrai, laissant ma monture à l’entrée et me fis annoncer auprès de mon seigneur. Il me reçut dans la salle du trône. — Te voici de retour de ta quête, Balthazard ; mais il me semble que tu devais ramener une femme à marier à mon fils, et c’est seul que tu te présentes. Quelle déception ! — Permettez-moi de m’expliquer, ...