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Louve (1)
Datte: 13/10/2022, Catégories: Divers, Auteur: Blueberry89, Source: Xstory
Louve Le soleil pointe le bout de son nez et les premiers rayons se faufilent à travers les branchages des hêtres et des sapins. L’automne commence à gagner les montagnes, les peignant de mille couleurs aux tons orangés. L’air est frais et la brume se lève seulement, il est temps. Je resserre mes chaussures de marches et constate qu’elles sont bien abîmées. Il faudra sûrement que j’en achète de nouvelles avant ma prochaine randonnée. Marcher autant de kilomètres tous les week-ends, forcément ça devait arriver sous peu. Le sentier de randonnée est déjà prit d’assaut par des groupes qui discutent à tue-tête, troublant les chants des oiseaux et la délicate danse du vent dans les branches. Mon humeur se ternie. Je suis un solitaire dans l’âme, amoureux de la nature et de sa beauté sauvage, alors voir tous ces envahisseurs ne respectant pas comme il se doit cette forêt et ses habitants m’horripile. Je rebrousse chemin et préfère emprunter un autre sentier, bien moins fréquenté. Il me faut d’abord traverser la Hêtraie-sapinière, enjamber quelques troncs et esquiver les ronces pour enfin parvenir au chemin boisé complètement désert. Autour de moi, seuls les craquements des feuilles sous mes pieds et le vent qui souffle sur le col. Enfin cette pleinitude dont j’ai tant besoin…C’est pile ce qu’il me fallait pour digérer cette semaine si difficile. La pire de ma vie je crois. Perdre sa copine, son appartement et son chien en même temps, c’est ce qu’on appelle un combo gagnant. ...
... Et avec ceci, vous reprendrez bien un peu de licenciement économique ? Merci chienne de vie. Tout s’est enchaîné en tellement peu de temps que j’ai encore les images emmêlées dans ma tête. Celles de Zoé, mon ex, en pleine spéléo dans la grotte de sa meilleure amie Sonia. Celles de ma valise jetée sur le palier et mon chien qui me regarde m’en aller. Celles du type du boulot, à qui j’ai envoyé un bon direct après une remarque de trop. Celles de mes parents, désespérés de me voir revenir à passé trente ans. Au loin, le martèlement d’un pic se fait entendre et les douces notes du pinson les accompagnent en écho. Je profite de cet instant de calme et observe les alentours. Mon moral remonte enfin et après une bonne inspiration d’air pur, je me remets en route. Je ne m’arrête que lorsque mon estomac se met à grogner, brisant ce précieux silence. Une souche suffit pour m’installer et je sors mes maigres victuailles, une demi-miche de pain avec un saucisson sec et un bon fromage fermier achetés la veille au marché. Pas besoin de beaucoup plus pour m’apporter l’énergie nécessaire pour poursuivre ma marche, j’ai une stature assez fine et le pied léger. Avec un peu de chance, il restera quelques brimbelles, ces myrtilles sauvages au goût si intense. Toujours personne à l’horizon. Une vague de plaisir me submerge quand je me prends à observer cette nature sauvage, m’imprègnant de ses sons et ses odeurs de résine et de feuilles décomposées. J’aperçois sur une branche juste devant ...