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Looking for Manara. Chapitre V. Pâtes, sexe et Rock 'n roll.
Datte: 04/10/2022, Catégories: A dormir debout, Auteur: Iovan, Source: Hds
... s'intéressant à ce qu'avait préparé la vieille dame. Si la Zia était un fin cordon bleu, sa mère évoluait, culinairement parlant, à un niveau stratosphérique. Le repas fut gai et enjoué et fut un véritable sommet de gastronomie italienne. Le mari de Claudia, pourtant un habitué des plus grandes tables milanaises, Claudia me chuchota qu'il avait son rond de serviette chez « Il Borghetto », ne tarissait pas d'éloges sur les pappardelle au sanglier et sur le risotto aux cèpes de la Nonna. La vieille dame était ravie et ses yeux en pétillaient de plaisir. Béatrice qui s'était, d'autorité, assise à coté de Simona, tenait sa main gauche sous la table, un reste d'éducation anglaise, sans doute, et Simona, sa jolie voisine, le regard perdu, alternait sourires gênés et soupirs contenus, et mordait souvent sa lèvre inférieure, en fermant les yeux. Tamara discrètement, observait en souriant, le manège des deux belles coquines. Au dessert, nous eûmes droit à une Torta della Nonna, la bonne vieille dame ne pouvait pas faire l'impasse...une merveille ! Nous en vînmes à parler de ce qui préoccupait mes compagnons, retrouver leur créateur Maurilio Manara. Ils s'étaient ouverts de leur projet, et chacun était, maintenant, au courant de leur quête : demander à l'auteur de leur existence, l'autorisation d'échapper à l'univers dans lequel ils évoluaient depuis leur création, pour rejoindre le monde des humains : le mythe de Pinocchio revu façon Comics strip, et tous étaient dans ...
... l'angoisse de la réponse de leur Geppetto moderne...Encore restait-il à le trouver, car Monsieur Manara menait une existence discrète, retirée dans la campagne Lombarde, presque secrète. Carla, initiatrice du projet, l'idée de départ, était d'elle, s'était enquise de l'endroit où se trouvait sa résidence, mais n'était pas arrivée à la localiser avec précision. Je voyais la Nonna, plisser les yeux...elle avait du mal à suivre la conversation dans ce joyeux brouhaha, étant un peu dure d'oreille. Elle se pencha sur Carla. — Vous parlez bien de Monsieur Manara, n'est ce pas ? — Oui, Madame, il est notre créateur à tous, notre père, en quelque sorte, et nous le cherchons depuis un moment, mais nous ne connaissons pas son adresse, nous ne savons pas où le chercher. La Nonna eut son beau sourire. — Eh bien, ne cherchez plus ! Vous avez devant vous quelqu'un qui le connaît très bien : je suis sa cuisinière ! Tous se regardèrent, stupéfaits et ravis. Carla prit la Nonna dans ses bras et lui claqua une bise sur chaque joue. —Oh ! Nonna ! Si vous saviez le soulagement et le plaisir que vous nous faîtes, enfin, nous allons pouvoir le rencontrer ! Vous savez où il demeure ? Vous nous y conduirez ? — Mais, bien sûr, je travaille chez lui. Demain matin , à la première heure, je l'appellerai, c'est un bourreau de travail, il commence sa journée avec le jour, ainsi il sera facile de vous rencontrer. Rendez vous fut pris pour le lendemain et chacun prit congé de nos ...