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IV - Dilemmes (7)
Datte: 19/09/2022, Catégories: Divers, Auteur: flyx13, Source: Xstory
... Oui, mais je n’ai pas eu le courage. À cette période, Jean-Pierre empilait les succès professionnels et je baignais dans le luxe. Vu de l’extérieur, on était la famille parfaite et je n’avais pas envie de briser tout ça. C’est horriblement matérialiste comme manière de raisonner, mais c’est ce que j’étais à l’époque. Maison luxueuse, voitures rutilantes, habits de grands couturiers, beaux bijoux, soirée mondaine, et j’en passe. Me priver de tout ça m’était intolérable, donc je n’ai rien dit, même quand j’ai su que Jean-Pierre me trompait. J’ai bien eu un sursaut de fierté en le menaçant de divorcer, mais pour lui, c’était hors de question. Il m’a bien fait comprendre que si je choisissais cette voie-là, il me pourrirait la vie et ferait tout pour m’éloigner de mes enfants. C’est ce dernier point qui m’a poussé à abandonner cette idée. Hélène lève le menton, prend une voix grave. - «Les Dutellier restent fiers et ne montrent pas leurs faiblesses ! ». Voilà son leitmotiv favori et une des rares contributions qu’il a eus dans l’éducation de sa progéniture, surtout Frédéric. Il lui a fait du bourrage de crâne durant toute sa jeunesse en lui serinant qu’il devait faire une grande carrière, être riche et avoir une belle femme. Quand Fred nous a présenté Typhaine, son père lui a dit : «Elle est magnifique, je suis fier de toi ! ». Il n’était pas content parce que Typhaine était gentille ou intelligente, ou même que son fils ait trouvé l’amour, non, il était fier parce qu’elle ...
... était superbe, c’est tout. Avec tout ça, pas étonnant que Fred ait voulu dissimuler son homosexualité à tout prix et qu’il en soit arrivé à manipuler une femme pour servir ses intérêts. - Et pour Jenny ? - Il s’est bien moins investi avec elle et c’est moi seule, en grande partie, qui l’ai élevé. Avec le résultat connu, bien sûr… Elle baisse la tête en soupirant. - Aucun problème dans l’éducation de Jenny. Vous avez fait comme vous avez pu dans le contexte de l’époque, dit Florian. - Certes, mais ça n’a pas aidé à ce qu’on soit proches toutes les deux, comme on penserait qu’une mère et sa fille le soient. - Est-ce que vous croyez vraiment que Jenny aurait réagi aussi violemment à votre situation si elle s’en moquait de vous ? Elle n’est simplement pas du genre à avouer ses sentiments facilement, c’est tout, mais ça n’empêche pas qu’elle les ressent. - Vous avez sans doute raison, même j’ai besoin de temps pour m’en convaincre. De toute façon, maintenant, je ne peux plus reculer. - Je suis désolé, c’est un peu à cause de moi que tout ça arrive, surtout après tout ce que j’ai dit l’autre fois. - Pas à cause, Florian, mais plutôt grâce à vous ! C’est vous qui m’avez prouvé que c’était possible de tenir tête à mon mari. Sans ça, j’aurais probablement passé ce qu’il reste de ma vie à le regarder coucher avec des prostitués dans notre propre lit. Ça ne changera pas l’image que j’ai de moi, mais c’est toujours ça de pris ! - Vous êtes très loin d’être ...