1. Tombés du ciel (4)


    Datte: 03/09/2022, Catégories: Divers, Auteur: Yojik, Source: Xstory

    ... enfants. Alicia inventa une histoire d’association venant en aide aux familles avec peu de ressources. L’ami de Roger avait levé un sourcil interrogateur, mais n’avait rien dit. Ce fut Salil qui trahit un peu les adultes :
    
    — Maman, elle a dit que Roger, c’est son papounet !
    
    — Sal, les gens n’ont pas besoin de savoir, lui rétorqua sa mère.
    
    — Mais c’est pas un mensonge ! le défendit Hala.
    
    — Oui, Hal, mais il faut que tu comprennes le sens de "vie privée" ma grande, lui expliqua Roger."
    
    L’homme avait bien ri, il leur répondit qu’ils faisaient bien grands-pères avec sa fille et ses petits-enfants.
    
    Ils marchaient maintenant avec cette image en tête. C’était assez perturbant qu’une personne extérieure les qualifie comme cela. Ils le faisaient un peu chez Roger, mais c’était plus pour... Pourquoi d’ailleurs ? Ils ne savaient même pas. Sûrement, pensèrent-ils, qu’ils voulaient offrir un peu de ce que n’avait pas l’autre. Ou plus probablement pour eux, toucher du doigt ce qui leur manquait. Ils parlèrent peu entre eux, préférant discuter avec l’enfant qui était sur l’âne qu’ils tiraient.
    
    Ils en étaient presque à la pause déjeuner quand Tartine ne voulut plus avancer. Roger l’incita à repartir, Salil le caressa doucement et lui parla gentiment. Il fallut attendre un peu pour que Tartine reparte de lui-même.
    
    — Roger, c’est quoi un grand-père ?
    
    — Le grand-père, c’est le papa d’une maman ou d’un papa, la grand-mère, c’est la maman d’une maman ou d’un papa. Tu ...
    ... comprends ?
    
    Salil ne répondit pas, il avait les sourcils froncés et semblait plongé dans une intense réflexion. Châtaigne, l’autre âne avait décidé de s’arrêter un peu plus loin. Vu l’heure, Alicia et Roger décidèrent de pique-niquer là où ils étaient. Alicia dévora tout ce qui avait été préparé, elle n’avait jamais mangé de choses aussi bonnes et pourtant aussi simples. Elle était habituée aux premiers prix dans les magasins. Hala et Salil furent un peu moins enthousiasmes, mais mangèrent quand même avec un bel appétit. Roger les regarda tous les trois, ils avaient de bien meilleures couleurs qu’en arrivant chez lui. Puis, il somnola, allongé dans l’herbe, pendant qu’Alicia et ses enfants profitaient du paysage et de la nature autour d’eux.
    
    — Tiens, c’est pour toi, entendit-il soudainement.
    
    Roger ouvrit un œil et vit Hala au-dessus de lui. La fillette lui tendait un bouquet de fleurs des champs. Roger le prit :
    
    — Merci, ma grande. C’est gentil.
    
    — Tu aimes ?
    
    — Oui, beaucoup.
    
    Hala eut un sourire éclatant sur les lèvres. Elle se tourna vers sa mère et Salil, puis elle demanda doucement à Roger :
    
    — Dis, Roger. Papounet, c’est comme papa ?
    
    — Euh, oui, en quelque sorte, mais c’est pas un vrai papa, c’est juste affectueux, rama-t-il désespérément.
    
    — Si maman, elle t’appelle comme ça. Moi je peux t’appeler papi ?
    
    — Euh, Hala, tu sais qu’à la fin de la semaine, tu repars chez toi. Tu es juste en vacances ici.
    
    — Alors, tu seras juste mon papi des ...
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