1. Campus (1)


    Datte: 11/08/2022, Catégories: Divers, Auteur: Blueberry89, Source: Xstory

    ... j’ai un message d’un numéro inconnu, mais je ne prends pas le temps de le regarder et me hâte d’aller en cours. Ce n’est qu’à la fin de mes cours que j’y repense.
    
    Il y est inscrit une adresse, rue Carnot et une heure, 17h. Pas de date ni de signature, j’en déduis que c’est aujourd’hui, et que cela vient de Maxence. 17h. Il me reste une heure si je décide d’y aller. Juste le temps du trajet. J’aurais aimé pouvoir en parler à mes amies avant, savoir ce qu’elles en pensent, mais je n’ai pas retrouvé Anna au déjeuner de ce midi comme à notre habitude.
    
    Je sais qu’elles ne finissent les cours que très tard aujourd’hui, impossible de les contacter avant. Je vais devoir me décider seule.
    
    La fille audacieuse et passionnée tapie en moi me crie d’y aller, de revoir ce garçon qui affole mes sens. Mais la fille sage et raisonnable sait que ce qui m’attend là-bas va bouleverser ma vie irrémédiablement.
    
    J’arrive avenue Carnot, mais l’adresse qu’il m’a donnée est celle du sacré cœur, je ne comprends pas. Perdue, je zone aux alentours quand un bruit m’interpelle, celui d’une grille un peu rouillée qu’on ouvre.
    
    Derrière le portail de fer forgé, dissimulé derrière une végétation luxuriante, se tient un Maxence au visage fermé et qui semble nerveux. Sans un mot, il me fait entrer dans la cour et me précède jusqu’à la maison. La bâtisse paraît ancienne, parée de briques rouges et aux fenêtres, entourées de moulures bétonnées. Je le suis sans un mot et laisse mon regard errer sur ...
    ... ce qui m’entoure.
    
    Je suis stupéfaite lorsque nous parvenons au salon, une vaste pièce aux murs blancs, éclairée par une baie vitrée donnant sur le jardin. Au plafond, des poutres apparentes donnent à la pièce un caractère spécial, presque rustique. Une immense bibliothèque en bois blanc habille un pan de mur entier. Il y a peu de meubles: un sofa de cuir blanc, une table basse en verre, et bien sûr le piano.
    
    Maxence ne dit rien, il se contente de m’observer tandis que je détaille le magnifique instrument qui se tient devant moi: un sublime Pleyel de concert !
    
    — Vas-y, tu as une heure, dit-il en s’installant sur le sofa.
    
    Une heure passe si vite ! Je me dépêche de m’asseoir, le cœur battant, je retiens mon souffle et enfin, quand mes doigts glissent sur les touches, je suis emportée dans un monde de notes et de passion. Le temps file à toute allure et ce n’est que lorsque je sens une main se poser sur mon épaule que je reprends mes esprits. Mes doigts se stoppent. Je ne bouge plus.
    
    Maxence se tient derrière moi, son souffle chaud court dans mon cou. Des petits fourmillements naissent là où sa main est posée. Mon cœur s’accélère quand je le sens s’approcher encore pour humer mes cheveux. Il ne dit rien, se contente de m’effleurer et ça me rend dingue.
    
    Je me relève brusquement et ose plonger mes yeux dans l’abîme de son regard.
    
    — Bon, et ces révisions ? Qu’est-ce que tu attends de moi ? Nous ne sommes pas dans la même fac...
    
    — Tu es douée en anglais selon ...
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