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Le projet artistique (53)
Datte: 26/07/2022, Catégories: Divers, Auteur: Yojik, Source: Xstory
... infertilité que lorsqu’elle croisait un bébé ou une femme enceinte quelconque. Les autres visites avaient été moins dures mais je ne retrouvais ma femme dans son état normal qu’après quelques heures. Dans le bus qui nous emmenait, Elisa regardait par la fenêtre son ancienne ville défiler sous ses yeux. Soudain, elle me dit que nous allions descendre au prochain arrêt. Ce n’était pas celui que Dieter nous avait indiqué pourtant : — Ce n’est pas ici qu’on doit descendre chérie. — Je sais mais on va finir à pied. Je ne m’étais pas rendu compte que nous étions si proche de l’appartement de Dieter. Mais je devais avouer que lors de nos visites précédentes nous étions venus de la gare ou en voiture et que ce côté-là de la ville, je n’y avais pas encore mis les pieds. Ce fut fait quand je descendis du bus, tiré par la main par ma femme. Elle m’entraîna vers ce qui semblait être un parc. Elisa fut très déçue quand elle y pénétra. Celui-ci avait un peu changé mais surtout il avait assez mal vieilli. — Oh, c’est là que j’avais rencontré Gitta la première fois quand nous étions enfants. On jouait là-bas, m’indiqua-t-elle. Je voyais dans le fond, l’espace de jeux pour enfants. Un bac à sable gris, un toboggan dont il manquait des barreaux à l’échelle. Des balançoires sans enfants bougeaient un peu avec le vent. Tout cela était assez triste à voir. Le reste du parc avait connu des jours meilleurs aussi. La plupart des bancs avaient des graffitis ou étaient cassés. Je ...
... supposai que les autorités locales avaient eu d’autres chats à fouetter depuis la réunification. Elisa voulut quand même faire un tour dans ce parc. Elle m’emmena par un chemin sous des arbres. Nous marchions dans les feuilles mortes quand elle se figea. — Regarde, c’est là qu’avec Gitta on était venu s’entraîner à embrasser. Une allée en impasse sur la gauche menait à une statue toute soviétique. De part et d’autre se trouvaient des bancs, peu visibles depuis l’allée principale. Elisa m’entraîna là. Elle m’expliqua qu’avec Gitta elles se posaient beaucoup de questions sur la façon d’embrasser un garçon. Elles ne voulaient pas paraître trop nunuches la première fois. Elles avaient donc essayé entre elles, ici à l’abri de la plupart des regards. Nous nous posâmes sur ce fameux banc. Elisa resta le regard perdu un moment puis elle me dit : — C’est là aussi que j’ai embrassé mon premier garçon. Je ne me rappelle même plus comment il s’appelait. Je me souviens juste que c’est lui qui avait été le plus maladroit de nous deux. — Et si tu embrassais ton dernier garçon ? — Hein. Qui ? Oh toi ! Bien sûr. Nous nous embrassâmes sur ce banc dans ce début de soirée. L’obscurité pointait déjà mais les lampadaires ne s’allumaient pas encore. J’en profitai pour explorer un peu le corps de ma femme et passai mes mains dans son manteau et sous son pull. Mais elle m’arrêta et se leva. Elle fit le tour du banc avec moi et passa sous les arbres. Elle appuya son dos contre un arbre ...