1. L'hôpital Saint-Johan (2)


    Datte: 26/07/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Alessandra De Winter, Source: Xstory

    ... constantes sont bonnes, je vous emmène faire un tour dans le couloir ? On essaye de faire un aller-retour ?
    
    — Très bien, mais pas trop tard alors. Je reçois de la visite aujourd’hui !
    
    — C’est vrai ? demandai-je en l’aidant à se lever. Qui vient vous voir ?
    
    — Mon aîné ! Joaquin est mon premier fils, né de mon premier mariage avec Ilda.
    
    — Vous m’en aviez parlé oui, je n’ai jamais eu le plaisir de le rencontrer.
    
    — Il revient de Suisse, ajouta Monsieur Perez en se redressant après avoir agrippé mon bras. Passez donc nous voir dans l’après-midi, je vous le présenterai.
    
    — Avec plaisir, répondis-je en l’accompagnant hors de la chambre.
    
    La matinée défila à une vitesse folle, il n’y avait jamais de temps calme au SSR Neurologique. En début d’après-midi, j’avais déjà dû calmer deux patients en plein délire psychotique, empêcher l’un de nos pensionnaires de s’évader en fauteuil roulant et éponger plusieurs accidents. Submergée par le travail, j’oubliai complètement mon engagement de retourner voir Monsieur Perez. Vers la fin de l’après-midi, alors que j’aurais dû avoir quitté mon poste il y avait déjà deux heures de cela, un homme débarqua au poste de soin et tambourina à la porte comme si le bâtiment était en feu. J’ouvris la porte :
    
    — Mon père souffre, lança l’homme visiblement excédé.
    
    — Je vous demande pardon ?
    
    — Mon père. Sa perfusion est mal posée et il attend que quelqu’un vienne récupérer son prélèvement depuis des heures. Ça vous amuse de faire ...
    ... attendre vos patients ?
    
    Face à tant d’agressivité, je ne sus que répondre. Il m’était arrivé d’avoir affaire à des patients mal lunés, impolis, voire grossiers, et parfois même à des familles impatientes et peu compréhensives. Mais jamais à un homme d’une telle autorité, et aussi mécontent.
    
    — Euh, je...
    
    L’homme en question était brun, assez grand, et très élégant. Ses muscles se laissaient apercevoir à travers sa chemise blanche, sa barbe de trois jours lui donnait un côté sexy, et ses sourcils froncés un côté terrifiant ! Il me regardait avec insistance, attendant que je poursuive ma phrase.
    
    — Oui, vous... ?
    
    Puis il se détourna :
    
    — Est-il possible d’avoir affaire à une infirmière qui ne reste pas prostrée à la moindre question ? demanda-t-il.
    
    — Je suis navrée Monsieur, dis-je en reprenant mes esprits. Je vous accompagne voir votre père, suggérais-je ensuite.
    
    — Cela serait formidable, ironisa-t-il. Vous en profiterez pour donner un coup de serpillière, je vous prie, l’une de vos collègues a renversé de la soupe sur le sol et personne n’a nettoyé.
    
    — Je suppose que vous n’auriez pas pu le faire, soupirais-je en le suivant dans le couloir.
    
    — Vous plaisantez ? J’ai l’air de travailler ici ?
    
    — Le personnel ici est surchargé et vous râlez pour une goutte de soupe, m’emportais-je. Non, ce n’est pas à vous de le faire, mais il y a une façon de s’adresser aux gens et ce n’est pas celle-ci. Mon badge, il dit que je suis infirmière, ce n’est donc pas à moi ...