1. Thérapie familiale (19)


    Datte: 28/06/2022, Catégories: Erotique, Auteur: AnaLyse, Source: Xstory

    ... pour laquelle elle sait que si elle tend le légume elle risque de se faire croquer les doigts, pas par méchanceté mais à cause de la gourmandise de l’animal.
    
    Damien qui s’amuse de la situation et surtout de l’enthousiasme de sa petite-nièce, lui dit :
    
    ― Tu sais, je ne crois pas que le mot bébé soit approprié lorsqu’il s’agit d’une bête.
    
    Elle répond sur un ton catégorique :
    
    ― Un bébé c’est un bébé ! Que ce soit celui d’un chien, d’une ânesse ou d’une femme ça a pas d’importance.
    
    ― On ne va pas se prendre la tête à ce sujet, mais dans le cas présent il s’agira tout de même d’un ânon.
    
    Puis il ajoute sur un ton pensif, comme s’il réfléchissait à voix haute :
    
    ― Je me demande bien comment tu vas réagir, en voyant les agneaux de lait...
    
    ― Parce que t’en as aussi ?!
    
    ― Bien évidemment, car si j’ai un troupeau de moutons surtout pour vendre leur laine, j’ai quand même un bélier pour la reproduction, dans le but de remplacer ceux qui meurent de vieillesse ou par accident. Et je peux te dire qu’il s’en donne à cœur joie, vu que c’est le seul mâle du troupeau.
    
    ― Mais t’en fais quoi des autres mâles ? Parce que j’imagine qu’il doit en naître autant que des femelles.
    
    ― Quand ils sont sevrés je les castre, puis je les vends comme producteurs de laine une fois qu’ils sont devenus adultes, parce que pour ce qui est de leur viande il faut vraiment avoir faim pour la manger. D’autres bergers s’en débarrassent d’une autre manière et ils partent à la boucherie, ...
    ... mais moi je n’ai pas assez de tripes pour faire ça. Une fois qu’ils ne sont plus entiers les miens deviennent aussi dociles que les brebis, mais je suis quand même obligé de m’en défaire, sinon mon troupeau serait trop grand par rapport à la pâture dont je dispose. Ce qui est certain, c’est qu’avoir plusieurs mâles capables de procréer est toujours une source de problèmes, car s’ils sont comme les femelles d’un naturel plutôt placide sauf lorsqu’ils se sentent menacés, leur rivalité au moment du rut fait qu’ils deviennent dangereux, même parfois pour les humains et les chiens.
    
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    Alors que Constance complètement indifférente à ces propos, réclame une autre carotte parce qu’elle a fini de manger la première, les yeux de Jade s’embuent de larmes à cause de la peine qu’elle éprouve, en pensant au triste sort qui attend certains de ces bébés moutons. Sans réfléchir un seul instant au fait qu’elle en a eu un ou en tout cas une petite partie, dans son assiette par plus tard que pour son repas de midi, et qu’elle l’a dévoré de bon appétit.
    
    Damien qui a déjà eu affaire à ce genre de réactions par le passé, puisque ce n’est pas la première femme loin de là qu’il accueille chez lui, ne dit rien et attend que sa petite-nièce passe à autre chose. C’est pourtant elle qui revient à la charge mais sur un ton enjoué, une fois que l’ânesse qui a terminé sa deuxième carotte s’en va d’un pas de sénateur, parce qu’elle a compris qu’elle n’en recevra pas d’autre :
    
    ― Bon, tu me les montres ...
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