1. La liste de Noël (2)


    Datte: 23/06/2022, Catégories: Trash, Auteur: Victor_lepieux, Source: Xstory

    ... ne me laissais pas distraire :
    
    « Merci maman, mais je crois que j’ai parfois dépassé les bornes... je mérite aussi une punition.
    
    — Mais non, voyons.
    
    — Mais si !
    
    — Qu’est-ce qui te prend aujourd’hui ? Tu ne veux pas ouvrir tes cadeaux plutôt ?
    
    — Oui, d’accord comme tu veux... mais je voudrais vraiment être puni. »
    
    Disant cela, j’allais voir mes cadeaux placés sous le sapin, je déballais deux boîtes de chocolats, des vêtements -dont la robe que j’avais lourdement indiqué vouloir recevoir lors d’une sortie shopping-, ainsi que le dernier iPhone.
    
    « Merci papa, merci maman, vous êtes trop gentils ! »
    
    En fait, ils ne s’étaient vraiment pas foulés, mais je les remerciais comme s’ils avaient vendu leur rein pour me sauver. Je voulais vraiment passer pour une fille serviable et attentionnée.
    
    « Allons, calme-toi ma grande. Et ne pense plus à ces idées de punition, tu es trop grande pour ça.
    
    — Mais non ! Il faut me punir.
    
    — Alors pour te punir, tu dois bien travailler en classe.
    
    — Non ! Une punition rapide ! Aujourd’hui ! »
    
    En plus, bien travailler en classe, c’était le genre de promesse que je n’étais pas sûre de pouvoir tenir même avec la meilleure volonté du monde. Je ne tenais pas à me faire chopper par le père Fouettard parce que j’aurais foiré une diserte de philo à la con.
    
    « Tu deviens exigeante, même sur les punitions... bon, alors... pourquoi n’irais-tu pas voir ton papi Lucien, passer un peu de temps avec lui ?
    
    — OK ! J’y vais ...
    ... immédiatement ! »
    
    Sous le regard éberlué de ses parents, je partis en trombe de la maison et enfournais ma mobylette. Je n’avais pas mis les pieds à la maison de retraite médicalisée depuis que mon grand-père y avait aménagée. C’était normal, il était gâteux et je n’avais rien à lui dire.
    
    En ce jour de Noël, il faisait un froid de canard et les rues étaient presque désertes. Je roulais lentement, ne voulant pas déraper sur une plaque de givre. Lorsque j’arrivais à l’EHPAD, je grelottais. C’était ma faute ; je ne m’étais pas habillée assez chaudement avant de quitter la maison. Je portais une petite doudoune matelassée et une robe en laine. Je garais ma mobylette et entrais dans le mini-parc déserté en cette saison, l’EHPAD proprement dit était un grand bâtiment à l’architecture moderne et aérée, mais impersonnelle. Je me présentais à l’accueil. Une femme nommée Marie m’indiqua gentiment le numéro de chambre de mon grand-père Lucien. Je m’y rendais en empruntant des couloirs aux couleurs fades et où étaient accrochés aux murs des tableaux de paysages mornes. Pour couronner le tout, il y avait une odeur tenace de vieux. Un genre de mix d’effluve de vieilles peaux et de médicaments. Si je devais rester ici un jour entier, j’aurais de quoi me flinguer. J’arrivais à la porte du pépé et frappais, avant de me rappeler qu’il était presque sourd, et qu’il n’y avait aucune chance qu’il me dise d’ouvrir.
    
    J’entrais donc sans attendre. La chambre faisait vingt mètres carrés, était de ...
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