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Maggie, Maman et Moi (8)
Datte: 10/06/2022, Catégories: Divers, Auteur: luc_marie92, Source: Xstory
... exprimer ce jour-là une phrase telle que « vous êtes belle ». Simplement. L’oser aurait peut-être eu des conséquences inattendues... Voulez-vous savoir ce qui dans cette histoire est vrai, faux, arrangé? Vrai, donc, le désir ressenti pour cette dame que je croisais chaque dimanche chez elle. Pas très belle, peu cultivée, modeste et gentille. Douce. Était-elle seulement sensuelle ? Je n’en sais rien. Elle me faisait donc rêver. Et bander, oui, chaque fois que je m’imaginais déniaisé par elle. Il faut dire qu’à l’époque, puisqu’on parle précisément des « seventies », l’initiation par une femme mature et bienveillante était à l’origine de nombreux livres ou films, et dans ce registre, ne semblait pas choquant. Sur un site de tchat, une femme plus âgée que moi a un jour accepté de jouer son rôle, lors d’échanges écrits. Elle avait bien saisi les ressorts de mon désir, et m’emmena très loin avec elle dans l’imagination. Lors de ce dialogue très cérébral, cette femme a su me faire jouir, en direct... Inventés ? Les prénoms, que j’ai changés. Ceux des deux femmes et des enfants, aussi. Arrangé ? Le fait qu’un jour, étant un peu plus âgé, j’avais rencontré Madame Maggie par hasard dans un magasin. On parla, assez vite elle me confia avoir fait une thérapie après la mort de ma mère, deux ou trois ans plus tôt. Et elle me précisa bien ces mots : « j’aimais ta mère ». Je n’eus pas l’empathie suffisante pour réagir et demander plus d’explications. Peut-être aurais-je ...
... dû la relancer, chercher à en savoir plus ? À cette époque, j’étais plus obnubilé par l’idée d’effacer le souvenir de ma mère de ma mémoire. J’en restai donc ce jour-là au niveau zéro de l’interprétation. J’ai entendu qu’elles étaient deux amies et que Maggie l’aimait beaucoup. Ce dernier mot suffisant à effacer l’hypothèse du désir, d’être amoureuse. Réellement. Cette hypothèse de son désir sexuel ne m’est venue que plus tard. Je suis donc incapable de décider si tel était ou non le cas. Et je m’en suis voulu d’avoir été si peu attentif, alors que oui, peut-être me tendait-elle une perche qu’elle aurait voulu que je sache saisir ? Imaginé ? Par ricochet, l’homosexualité de ma mère, dont j’ai connu certains des amants, et dont je n’ai nul indice qu’elle ait pu l’être, même à temps partiel. Pourtant je suis convaincu qu’elle avait une réelle attirance pour les femmes, et particulièrement lorsqu’elle pouvait prendre sur elles un ascendant. Elle n’en avait sans doute pas conscience. Du reste, la psychologie n’était pas son domaine de prédilection, encore moins les arcanes de l’inconscient. Une vérité : elle était tyrannique, insupportable, tout le monde dans sa famille se méfiait d’elle et la maintenait à la marge... Ainsi, l’idée qu’elle aurait pu être infréquentable parce que lesbienne m’a paru tout à fait envisageable, plausible, à défaut d’être garantie. Vraies, et pour tout dire, épouvantables, terrifiantes, les relations qu’entretenaient mes parents à mon propos. ...