1. Les cocus anonymes. (2)


    Datte: 07/06/2022, Catégories: Erotique, Auteur: hélène75, Source: Xstory

    ... elle dit.
    
    Aussitôt arrivé au salon, vers 8h25, je pose mon téléphone portable sur la tablette où sont déjà installés tous mes outils de travail pour la journée, ciseaux, peignes, tondeuses, brosses et autres rasoirs. A 8h30, j’ai à peine ouvert la porte du salon que déjà deux clients se présentent. Depuis le temps que j’exerce ici, je connais tous mes clients et il est rare d’avoir de nouvelles têtes. J’attaque donc avec monsieur Lebaud, qui porte très mal son nom. Comme toujours, on parle du virus et de la météo. Vous ne pouvez pas imaginer combien on me refait dans la journée l’histoire de la pandémie et du dérèglement climatique. Une fois terminée la coupe à la brosse de monsieur Lebaud, je passe au shampoing et à la coupe en dégradée de monsieur Lepèze, un retraité du ministère des finances. Lui, il me parle de la dette publique qui devient abyssale et des prélèvements qui vont encore peser sur les retraités. Il se plaint mais ne faisait-il pas partie de ceux qui ponctionnaient les retraités lorsqu’il était encore aux affaires ?
    
    Alors que je lui explique que la vie est ainsi faite, que les baisés d’aujourd’hui sont souvent les baiseurs d’hier, mon téléphone se met à biper. Je pose aussitôt mes ciseaux et m’empare de l’appareil. La caméra vient de se mettre en route dans la chambre conjugale et je vois ma femme apparaître sur l’écran, toujours en robe de chambre. Comme je dois reprendre la coupe de monsieur Lepèze, je lance l’enregistrement sur mon téléphone et ...
    ... repose mon portable.
    
    Pendant les deux heures qui suivent, impossible de jeter un œil sur le téléphone car le salon ne désemplit pas. Tout en coupant les cheveux, raccourcissant les pattes, dégageant la nuque et coiffant mes clients, je ne cesse de penser à Chantal. Il était un peu plus de 9h30 quand la caméra s’est déclenchée, c’est peut-être tout simplement parce que Chantal s’est rendue dans la chambre pour se changer et mettre ses habits pour la journée. Tellement obsédé par mes pensées, je suis un peu distrait et celui que je coiffe me rappelle à l’ordre
    
    — Attention Henri, vous allez finir par me couper une oreille avec votre coupe-choux !
    
    Je m’excuse confus
    
    — Excusez-moi monsieur Deudon, j’étais ailleurs !
    
    Il me répond
    
    — Vous avez des soucis ? Pourtant vous avez de la chance, cette fois ils ne vous ont pas obligé à fermer.
    
    Je lui rétorque
    
    — Non non, c’est pas ça ! Mais j’ai des travaux en cours à la maison et je voudrais que ce soit déjà fini.
    
    Il sourit et me rassure
    
    — Vous en faites pas, ça va bien finir un jour ou l’autre. L’important c’est qu’il fasse bien son travail !
    
    En moi-même, je me dis
    
    — Justement ! Je me demande s’il ne le fait pas trop bien.
    
    A midi quinze, j’en ai enfin fini avec mon dernier client de la matinée. J’ai maintenant une bonne heure devant moi et je vais pouvoir jeter un œil à l’enregistrement. Je ferme à clé la porte du salon et baisse le store pour être tranquille. Je sors mon sandwich du sac et m’installe dans ...
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