1. la reine du supermarché (1)


    Datte: 11/05/2022, Catégories: Hétéro Auteur: denisnath

    A cinquante-six -ans, on peut dire que je suis encore une belle femme, blonde d’un mètre soixante-huit avec des rondeurs que mes deux grossesses ont bien développées.
    
    Mariée à Bernard, cinquante-huit ans qui n’a plus rien du fringant jeune homme que j’ai rencontré il y a vingt-huit ans, ni prince ni charmant. Il passe le plus clair de son temps entre son travail et ses copains pas plus intéressants que lui. Je travaille à mi-temps et on ne peut pas dire que l’on roule sur l’or.
    
    Pour me changer les idées, je vais régulièrement, avec ma copine Nadine, fraichement retraitée de soixante-deux ans et divorcée depuis une bonne vingtaine d’années « traîner » dans un grand centre commercial du coin. On en profite pour entre deux courses, faire les boutiques et sortir d’un quotidien pas toujours très amusant. On rigole bien et à force, on peut dire que l’on est connues dans le centre comme étant joyeuses et sociables.
    
    Il y a quelque temps déjà, nous étions dans les allées du centre à nous raconter des histoires et flâner au gré de nos envies quand Nadine me fit remarquer que nous étions suivies par un type « bizarre ».
    
    — Bizarre, lui dis-je, comment ça ?
    
    — Ne te retourne pas, je vais te le montrer, regarde dans la vitrine, tu vas le voir.
    
    Effectivement dans le reflet de la vitre, je voyais bien un homme qui regardait dans notre discrétion. Pas très jeune, le teint mat, sûrement originaire d’Afrique du nord, un peu bedonnant.
    
    — Le type en costume gris ? ...
    ... demandais-je à Nadine.
    
    — Oui, je suis sûr qu’il nous suit depuis qu’on est rentré dans la galerie, ça m’énerve, je vais lui demander ce qu’il veut ! J’ai passé l’âge de me faire suivre comme une minette !
    
    — Non, tu n’es même pas sûr qu’il nous suive, on continue nos courses et on va bien voir !
    
    — D’accord, mais je n’aime pas trop ça, pour qui il nous prend !
    
    De magasin en magasin, effectivement, je m’aperçois que le type est toujours là, nous matant de bas en haut sans trop de discrétion. En fin de journée, je dépose Nadine chez elle non sans qu’elle me répète sur le trajet « tu vois bien qu’il nous suivait ce pervers ! il ne nous a pas lâchées de la journée ! »
    
    En rentrant, Bernard est affalé sur le canapé, deux copains avec lui, en train de regarder un match de football, à peine s’il s’aperçoit de mon retour. Par politesse, je vais dire bonjour à ses amis, il en profite pour me demander de ramener de la bière et de leur préparer un petit quelque chose à manger. Je m’exécute comme d’habitude.
    
    Tout en déposant le plateau sur la table du salon, je lui dis :
    
    — Tu sais ce qu’il nous est arrivé cet après-midi avec Nadine ?
    
    — Non, vous avez dévalisé tous les magasins ? fait-il, indifférent.
    
    — Un type nous a suivies toute la journée.
    
    — Qu’est-ce qu’il vous voulait ? Votre sac à main ?
    
    — Il a passé son temps à nous mâter !
    
    — Il doit être aveugle ou malade ! Pour ce qu’il y a à voir ! lance-t-il à ses copains en rigolant !
    
    Vexée, je ne réponds pas et me ...
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