1. Secrets de couventines (3)


    Datte: 07/05/2022, Catégories: Trash, Auteur: simson3, Source: Xstory

    —In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti. Amen.
    
    —Amen. Bénissez-moi, mon Père, parce que j’ai péché.
    
    C’est dans une atmosphère révérencieuse mais aussi très embarrassante pour Sophie que celle-ci amorce sa première confession auprès de l’aumônier de la communauté l’abbé Réal Fontaine. Situation au plus haut point gênante, devrait-on également dire pour la rouquine qui s’apprête à avouer à un inconnu des fautes qu’elle n’aurait jamais pensé dans sa vie pouvoir commettre. Des intentions, des actes qui lui semblent si répréhensibles qu’elle doute même qu’il existe une pénitence suffisamment grande pour les expier entièrement. Mais la jeune femme s’est résignée, convaincue que seule une confession complète et sincère parviendra à soulager son âme.
    
    Le bureau qu’occupe le prêtre est de dimensions moyennes et sobrement meublé. Au centre, un imposant pupitre fait d’un bois riche auquel est jumelé un fauteuil capitonné s’agençant parfaitement bien. La bibliothèque occupe la presque totalité d’un mur, ses tablettes garnies de bouquins aux reliures fatiguées accumulant la poussière des ans. Plus loin, un secrétaire permettant au ministre du culte de maintenir à jour sa correspondance. Dominé sur le mur par un énorme crucifix, un prie-Dieu trône dans l’autre coin, son coussin usé sans doute par les genoux des nombreux pénitents qui s’y sont recueillis.
    
    La pièce adjacente sert de chambre à coucher pour l’ecclésiastique, lui permettant ainsi de profiter pleinement de ...
    ... l’hospitalité des sœurs, sans parler de leurs visites privées qui se déroulent sans doute toujours dans l’occultation la plus totale.
    
    — Dieu vous écoute, mon enfant. Parlez librement et sans contrainte.
    
    L’homme se tient assis sur sa chaise de confesseur disposée non loin du bureau, séparé de la pénitente par une cloison de bois mobile encadrant le traditionnel grillage métallique. La quarantaine avancée, plutôt maigrichon, une semi-couronne de cheveux gris garnissant son crâne, il chiffonne entre ses doigts velus l’étole dorée qu’il porte par-dessus sa soutane noire.
    
    S’efforçant sur ses genoux de trouver une position de confort sur l’étroit coussin du prie-Dieu où elle a pris place près de l’ecclésiastique, Sophie prend une longue respiration, se racle la gorge et entreprend ses aveux.
    
    — Ma dernière confession remonte à environ trois semaines. Mon Père, je m’accuse d’avoir enfreint le premier commandement de Dieu par un manque de consécration. Je sais que j’ai négligé mes devoirs envers Lui et que mes pensées s’en sont détournées.
    
    — Hum-hum. Continuez, mon enfant.
    
    — Mon Père, je m’accuse d’avoir manqué de respect envers mère Gertrude en me moquant secrètement, en compagnie d’une autre novice, de ses… enfin vous savez comme moi qu’elle a un derrière un peu… volumineux.
    
    — Vous vous êtes donc moquées…?
    
    — De ses grosses fesses, mon Père. Je sais que c’était pas bien.
    
    Le menton reposant sur son poing fermé et le coude appuyé sur son genou, l’abbé Fontaine ...
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