1. Jeu drôle, jeu d'vilains (2)


    Datte: 01/05/2022, Catégories: Divers, Auteur: Hellangel, Source: Xstory

    Nos compagnons, à l’exception de Nikita, se trouvent dans l’habitacle clôt d’une carriole. Ceux-ci sont fermement attachés avec une épaisse corde rêche qui leur cisaille pieds et mains. Ils sont adossés aux quatre coins de la pièce mobile, assis et plaqués contre le mur par une corde qui relie leurs poignets à des crochets métalliques, les empêchant de se dégager et réduisant quasiment à néant leur amplitude de mouvement. Leur bouche et leurs yeux sont également bandés de sorte qu’ils ne puissent ni voir ni communiquer. Les seules informations à leur disposition sont bien en deçà de cette description. Ils n’ont pas conscience de la présence de leurs camarades ou du lieu dans lequel les seuls stimuli qui leur parviennent sont les brûlures croissantes à leurs articulations et la sensation de mouvement due au bruit des roues sur le sol irrégulier et à leur corps hasardeusement bougeant le long des planches de bois, au gré des pierres qui surélèvent çà et là le chariot.
    
    Lorsqu’Alex se réveille, péniblement, il se débat et émet péniblement quelques bruits en grognant. Suivent alors deux autres grognements, au timbre et au ton méconnaissables. Trois d’entre eux, sans savoir que leurs trois amis se trouvent à moins de deux mètres d’eux, s’agitent et font de plus en plus de bruit en tentant de se libérer, ou d’attirer l’attention. Un violent coup métallique de l’autre côté, suivi d’un « Silence ! » les ramène à leur statut de prisonnier, et ceux-ci se calment non sans continuer de ...
    ... défaire leurs liens, sans succès.
    
    Après peut-être une heure, le chariot s’arrête. Une porte s’ouvre sur la pièce et, chacun leur tour, une main leur empoigne violemment la tête et une outre d’eau est portée à leurs lèvres. A peine le temps d’avaler quelques gorgées en laissant tomber du précieux liquide sur leurs guenilles que la porte se referme et que le chariot reprend, au son du roulement des roues sur la terre battue et du galop des chevaux.
    
    Le traitement a été légèrement différent pour Jean : celle-ci était encore inconsciente. L’homme qui leur a donné à boire, voulant éviter de perdre un des prisonniers de déshydratation, décoche à celle-ci un violent coup de pied dans les côtes. Douleur, yeux bandés, esprit embrumé et liquide en bouche versé trop rapidement pour être correctement avalé : cette situation lui rappelle quelques souvenirs autrement plus agréables. Son réveil plus brutal lui a aussi remis les idées en place, et son esprit s’active plus rapidement que celui de ses camarades.
    
    D’instinct, sans réellement comprendre comment et pourquoi elle le fait, Jean a l’idée d’activer un sort de connexion mentale avec les personnes qui l’entourent. Camille, Sam, Alex et elle sont alors mis en connexion. Ils ont du mal à y croire, mais ils semblent bel et bien capables de communiquer par télépathie.
    
    — Les gars ?
    
    — Qui est-ce ? disent les trois autres à l’unisson. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?
    
    — C’est Jean ! On est en connexion mentale comme dans le ...
«123»