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Soir d'orage (3)
Datte: 22/04/2022, Catégories: Erotique, Auteur: Jane Does, Source: Xstory
... l’emporte sur tout le reste. Et j’en conclus qu’elle est heureuse. Alors je ne vais pas lui casser son rêve en faisant ma rabat-joie. Nous sommes si différentes et si proches finalement. Elle aime ces histoires qui la déchirent. Je préfère me retrancher derrière cette maladive confusion et au bout du chemin, c’est bien toutes les deux que nous nous retrouvons avec des problèmes de cœur identiques. Cœur ou cul, je ne saurais pas vraiment faire le bon choix pour en parler. Alicia n’a pas seulement percuté lorsque j’ai sursauté à son unique questionnement. « À quand remonte ta dernière fois ? Qu’as-tu fait de si exceptionnel qui te permette de me juger. » Moi non plus je n’ai pas de vocable pour décrire ou narrer ce qui s’est passé. Et puis, comment prendrait-elle les choses si je lui jetais à la figure mon plan cul avec mon Henry ? Puis celui plus improbable avec son pote et lui ? La meilleure chose à faire ? La boucler bien entendu. La bouche hermétiquement close revient à me préserver de tous commentaires désobligeants. Et c’est ce que je sais faire de mieux, me taire. Ma collègue brule cependant de me raconter une nuit de sexe sans doute bien fadasse au regard de ce que j’ai vécu. Il me faut donc lâcher du lest. Elle doit se sentir écoutée et ici, les seules oreilles disponibles sont les miennes… alors… — Je te propose d’aller manger un morceau toutes les deux après le taf. Nous aurons un peu plus de temps pour refaire le monde. Qu’en dis-tu ? À moins que tu aies ...
... un autre rencard. — Non ! Pas ce soir ! Je ne veux pas lui donner l’impression que je suis folle de lui. Je suis partante pour une dinette toutes les deux. — Au chinois ? Je peux réserver une table si… tu es d’accord. — Bonne pioche ! Ça fait un bail que je n’y suis plus allée… J’aime encore bien de temps en temps… les nems et les rouleaux de printemps. — Puis celui de la place de la gare propose des cuisses de grenouilles… fabuleuses. Tu y es déjà allée ? — Je ne me souviens pas… mais j’en salive déjà. Fais comme tu le sens… après tout, oui, appelle-les. Je téléphone et nous replongeons dans notre paperasserie. Seuls les bruits des touches frappées par nos doigts crèvent le calme de nos bureaux. Je ne lève plus les quinquets de mon écran. Pas envie de faire une boulette dans un contrat. Et chaque pause que je me réserve dans cet après-midi de travail me ramène à ces moments torrides que j’ai vécu avec mes amants. Je me sens aussi quelque peu inquiète, sans trop savoir pourquoi. Et c’est en écrivant le mot « enceinte » dans un acte que je prépare que je me traite d’idiote. Les deux gaillards qui m’ont si bien faire reluire, n’ont jamais mis une capote. Et si… merde ! Je transpire d’un coup. Comment ai-je pu être aussi conne ? Pourvu que je ne tombe pas en cloque. Je ne saurais même pas duquel des deux, parce qu’à mon humble avis, ni Henry ni son acolyte ne se sont privés de cracher leur semence en moi. Du coup, ça en devient une obsession. Je me ronge les ...