1. Chroniques immortelles - Colère divine (2)


    Datte: 04/04/2022, Catégories: Divers, Auteur: Irina, Source: Xstory

    ... dévastés. L’une d’entre elle a pénétré son anus et progresse dans son corps. Il hurle autant de douleur que de terreur. Puis la peau d’une de ses épaules se soulève et éclate sous la pression de la jeune plante.
    
    A l’extérieur et dans tous les lieux sur lesquels je laisse aller ma colère, l’enfer se déchaîne. Des vents violents, une pluie diluvienne. Des orages effroyables se sont formés et les premiers éclairs frappent, sans pitié tout ce qui porte une arme ou un uniforme militaire. J’entends leurs cris de panique, le sauve-qui-peut général qui ne sauvera personne. Les hommes tombent foudroyés les uns après les autres, par dizaines, par centaines, pendant que les plantes, buissons ou arbres s’élancent du sol vers les hauteurs dans un grondement sourd…
    
    Quand à mon tortionnaire, il ne va pas s’en tirer comme çà. Les lianes l’ont entouré, le dissimulent, le noient. Sa voix disparaît mais son esprit est toujours là. Je modifie sa physiologie. Son système sanguin se raccorde à celui de l’arbre qui l’englobe maintenant totalement. Il n’est plus que végétal. Seule sa pensée paniquée me parvient à présent.
    
    — Désormais tu ne seras plus qu’une plante, dis-je froidement. Tu as dévasté la foret, coupé des centaines d’arbre. Tu vas comprendre ce que tu as fait subir à ces arbres. Celui dans lequel tu te trouves peux vivre des centaines d’année. Mais un jour, des hommes viendront, avec des tronçonneuses. Tu sentiras leur morsure a chaque fois qu’il couperont une de tes branches, ...
    ... qu’ils te tronçonneront au ras du sol. Et tu mourras lentement, cellule après cellule, de soif et de manque de sève. Tu ne sauras jamais quand çà se produira. Moi je le sais. Et tous les jours, tu te demanderas si ce jour n’est pas le dernier de ta vie. Profites bien de ton immortalité.
    
    « Non attends, pitié, pitié……... »
    
    Je lui ai menti. Je ne peux pas lire son avenir et désormais je m’en fous ! Je m’apprête à sortir. C’est alors que Pawin apparaît en coup de vent, des traînées rouge sur le corps, une machette à la main. Il reste interdit en me voyant.
    
    — Tu es couvert de sang, dis-je inquiète.
    
    — Ce n’est pas le mien, répond-il après avoir surmonté sa stupeur.
    
    Je sors de ce qui reste du baraquement. L’orage s’est calmé aussi brutalement qu’il a commencé. Seule une pluie fine détrempe une foret nouvellement constituée. Les indiens célèbrent leur victoire avec force cris joyeux et danses. Beaucoup sont armés et ils n’ont pas fait de cadeaux à ceux de leurs tortionnaires que mes foudres avaient épargné. Et ils me découvrent, médusés, moi même portant tous mes ornements et baignée d’une lumière dorée… J’entends alors la voix de Ohanko troubler le silence.
    
    — Chimali…
    
    Chimali, Chimali… L’oiseau couleur de l’aurore. Le nom est repris par un, deux, puis tous les indiens, hommes et femmes. Ohanko le premier met un genoux en terre, imité par tous les autres. Désemparée, prenant conscience de l’effroyable massacre que je viens de faire je retire mon masque, les deux ...