-
Les deux portes (3)
Datte: 26/03/2022, Catégories: Divers, Auteur: Irina, Source: Xstory
... a dû vous entendre prendre votre pied jusqu’à Barcelonnette ! — Vous n’avez pas été en reste, répliqua Joseph en souriant. Mais c’est vrai, on n’a pas arrêté, jusqu’à ce que le jour se lève. — Pareil pour nous ! On a déchargé je sais pas combien de fois, et on est en pleine forme, c’est incroyable ! — Ça pour être incroyable, rajouta Romain, c’est vraiment... Il s’interrompit net. Quelque chose venait de tilter en lui, comme si soudain un mécanisme intellectuel venait de se remettre en route. Laissant ses amis se raconter leurs exploits, il alla s’accouder contre la barrière de la terrasse et regarda au loin, le ciel, les alentours... Les vallées étaient toujours envahies de brume et seuls de petits nuages blancs flottaient dans le ciel. — C’est pas normal, murmura-t-il pour lui même. Pris d’une soudaine inspiration, il pénétra dans la maison, prit son téléphone. Toujours pas de réseau, toujours pas d’internet. Il avisa le radio-réveil. C’était un appareil classique qui fonctionnait en radio sur la bande FM. Il chercha des stations. — Non... Ça, c’est vraiment pas normal ! Il faut que je sache. Il prit ses papiers, un petit sac à dos, mit ses tennis et les clefs du 4*4. — Dites les gars, je vous laisse une paire d’heures. Il faut que j’essaie de téléphoner à mon père pour le rassurer pleinement. Je vais descendre en ville, je l’appelle et je reviens. — Mais... Et l’éboulis ? — Je vais y aller avec la voiture. On doit pouvoir passer à pied. ...
... Après, il restera six ou sept kilomètres. En pente descendante, il me faudra une grosse heure pour atteindre les faubourgs. Je trouverai bien quelqu’un pour me remonter ensuite. — Je peux venir avec toi ? demanda Kate. J’ai envie de courir. Il ne fallut guère que deux minutes au 4*4 pour atteindre l’éboulis. Il n’y avait aucun passage. Une partie de la route avait été emportée par l’éboulement. Kate et Romain mirent pied à terre. — Dominique n’avait pas menti, dit Romain en mettant son sac à dos. Mais on peut passer facilement dans les rochers. Les éboulis sont stabilisés. — Sacré dégringolade, fit Kate en se penchant au bord du gouffre. C’est descendu jusqu’au fond de la gorge. Oh, mais dis donc ? Regarde en bas. C’est quoi ? On dirait... — Eh bien on dirait... Mais ?... Non ! Ce n’est pas possible ??? Kate et Romain étaient partis depuis un quart d’heure. Leurs trois amis qui prenaient le soleil sur la terrasse furent étonnés d’entendre le 4*4 remonter la pente et s’arrêter assez brutalement devant la maison. Ils furent surpris de la tête que faisait le couple. Romain avait un air grave tandis que l’inquiétude se lisait sur le visage de Kate. Elle tenait un vêtement dans une main, une écharpe dans l’autre, tandis que le garçon portait un morceau de ferraille allongé et tordu. — Déjà de retour ? demanda Jacques. Vous n’avez pas pu passer ? Tiens ? Vous avez retrouvé mon coupe-vent... — Est-ce que vous vous rappelez ce que vous avez bu ou mangé depuis ...