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Les névroses de Camille (1)
Datte: 24/03/2022, Catégories: Erotique, Auteur: DimStaknov, Source: Xstory
Antoine ne peut détacher son regard de ces frêles épaules dont on voit l’os poindre à travers la peau blanche. Le débardeur rouge dévoile les bretelles de son soutien-gorge, lisses, noires, sans fioritures comme l’est la lingerie des adolescentes. La longue chevelure blonde de Camille tombe sur ses fesses, qu’on distingue un peu à travers sa jupe en tissu blanc, d’une matière bouffante qui se froisse et crépite sous les mains. Antoine rêvasse, il se jette vers elle sans bouger, lui dépose un millier de baisers dans le cou comme font les personnages des romans à l’eau de rose que lit sa tante, il la serre si fort contre lui que toutes ses peurs et ses tourments se dissipent. Une main se pose soudain sur l’épaule d’Antoine ; il sursaute et pousse un cri de surprise qui déclenche un rire général parmi les élèves présents dans la pièce ; la vitre qui sépare les deux espaces de travail dans le vaste atelier ne suffit pas à éteindre le tohu-bohu, et Camille tourne ses yeux vers lui. Elle semble partagée entre la curiosité et l’indifférence, elle reprend le fil de sa rêverie, observant les voitures filer vers des ailleurs plus excitants, les arbres diffuser leurs feuillages abondants, percés par les rayons du soleil qui amorce son déclin. Malgré le ridicule qui devrait l’accabler, malgré les rires sonores de ses camarades et malgré la main du professeur de technologie, Monsieur Minier, qui pèse toujours sur son épaule, Antoine n’a d’yeux que pour elle. Elle, Camille, ...
... solitaire et mystérieuse. Lui dirai-je, un jour, l’amour que j’ai pour elle ; un amour aveugle et révoltant qui me ferait sacrifier l’amour que je conçois pour ma mère, pour ma sœur, en échange d’une promesse même incertaine. Tous les amours ne se valent pas ; l’amour durable d’un parent ne vaut rien. Camille, Camille, ses épaules fragiles, son soutien-gorge visible, ses cheveux parfumés et son regard rêveur. Antoine serre le poing et réprime un soupir. 2 Il faut que je lui dise. Mais si elle ne m’aime pas ? Imaginons qu’elle me rie au nez ? Je ne peux rien lui dire. Mes lèvres sont trop sèches pour des baisers d’amour, mes regards sont inexpressifs. Je ne peux rien lui dire, il faut que je garde ce secret précieusement. Au moment où Antoine se fait ces réflexions, la cloche a sonné et libéré les élèves des classes depuis un quart d’heure. Il progresse lentement vers la grille, mêlé dans la foule d’élèves, et ses yeux cherchent avidement la chevelure de Camille. Il veut la voir une dernière fois avant de rentrer chez lui, ce désir est aussi impérieux que vital. L’image de Camille penchée devant la fenêtre de l’atelier s’estompe déjà, perd de son éclat ; il veut une nouvelle image qu’il pourra chérir, étendu sur son lit même pas défait. Mais pas même son ombre. Il ne risque pas de la voir, car Camille n’a en réalité pas bougé d’un seul mètre. Elle garde la même posture, mains à plat sur le plan de travail, épaules rehaussées, bassin en arrière, le regard perdu par la ...