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Dans la tête de Kowalski
Datte: 21/03/2022, Catégories: uniforme, forêt, chantage, attache, policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... plus… Le moment n’est pas idéal pour avoir ce genre de conversation. — Vous hésitez, Angélique. Exactement comme moi. Mais calmez-vous, je vous en prie. Je ne doute pas que votre situation soit très confortable, mais nous essayons d’avoir une conversation d’un niveau au-dessus de la moyenne. Je sais que vous en avez la capacité. Autant que moi. — Allons-y, continuons dans le genre « La philosophie pour les nuls » … — Non, vous vous trompez, c’est un point essentiel. — Je n’ai pas besoin d’un Dieu, pour connaître la différence entre vous et moi ! — Selon une théorie, le monde serait composé d’autant de bien que de mal. Du 50/50. D’un côté, il y a la Shoah, de l’autre des aurores boréales. D’un côté des viols, des monstres tels que moi, de l’autre des œuvres d’art bouleversantes, de la compassion. Autre exemple, Angélique, vous et moi. Je vous disais que nous étions les deux faces d’une même pièce. L’idée forte de cette théorie, c’est qu’au bout, tout s’équilibre, se compense. Imaginez un Dieu, une entité, une force, Mère Nature, l’univers, appelez ça comme vous voulez, qui ferait en sorte d’équilibrer le bien et le mal, avec sa pièce, jouant à pile ou face. Il la balancerait en l’air, pile ça serait Hitler, face Gandhi. Pile le méchant Paul, face la gentille Angélique. J’adore cette idée-là ! Pas vous ? — Le destin ? — C’est un peu l’idée, mais pas complètement. Je vois cette entité installée dans son antre, à jouer indéfiniment avec sa pièce, distribuant ...
... bonheur et malheur. Au final, les lancers finissent par s’équilibrer, au bout d’un certain temps. — Et ça nous amène où tout ça ? — Que le monde est le reflet de la nature de ce Dieu. Versatile et schizophrène. Et sa miséricorde n’est pas autre chose qu’un lancer aléatoire de pièce. Kowalski s’est levé de son fauteuil. Après avoir fait quelques allées et venues au centre de la pièce, il se figea debout devant celui d’Angélique. Il faisait des grands gestes, comme pour rendre son discours plus persuasif. Malgré la peur qu’il lui inspirait, Angélique voyait bien qu’il n’était pas agressif. Il voulait juste convaincre : — Je vous vois, Angélique, et je sais ce que vous pensez de moi, de ma toute petite bribe d’humanité, de ma monstruosité. Mais, je suis comme une personne qui souffre de famine et qu’on place devant une assiette pleine. Je mange et je ne peux pas m’en empêcher. Vous me comprenez Angélique, je le sais. Vous savez au fond de vous pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait. — Je suis votre confesseuse maintenant ? Ne comptez pas sur moi. Non, je ne comprends pas… je ne vous absous pas. — Oh si, vous comprenez. Vous comprenez que je ne pouvais pas m’en empêcher. — Vous avez choisi, on a toujours le choix. — Avez-vous fait le choix d’aimer les gens que vous aimez ? Pouvez-vous vous retenir d’aimer ? Toujours debout devant Angélique, la voix de Kowalski se faisait un peu plus aiguë, comme s’il allait se mettre à pleurer, comme s’il voulait vraiment qu’on le ...