1. Mise en bouche


    Datte: 14/02/2022, Catégories: fh, hplusag, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... certainement passionnel lui procura un soulagement visible. Malheureusement, il ignorait tout de la vie privée de son associé. Leurs relations, d’après ses dires, restaient très superficielles presque exclusivement professionnelles. Il se montra incapable de nous dire s’il avait une liaison et avoua son ignorance quant à sa vie sociale. Au sein de l’entreprise, aucune amitié ni inimitié particulière à signaler. Quand il nous quitta totalement rassuré, je lui demandai une discrétion totale. Malgré son apparente sérénité de moine bouddhiste, j’étais persuadée qu’il avait menti comme un arracheur de dents.
    
    Il était plus de 18 heures. J’accordai donc une pause à Sarah et Serge leur demandant de me rejoindre à Édouard Herriot pour 19 h 30, armés. Il valait mieux prendre certaines précautions.
    
    Mademoiselle la représentante du parquet ! Je ne m’étais guère inquiétée d’elle jusqu’à là, mais j’aimais bien savoir à qui j’avais affaire. La relation que je pressentais entre elle et mon geek devait-elle m’inquiéter ? La possibilité d’avoir une taupe dans mon unité ne m’enchantait pas. Je comprenais mieux l’arrivée d’Ampépeur : il avait suivi sa dulcinée. J’appelai un contact au palais qui me donna des renseignements contradictoires. Elle avait eu un début en fanfare avec l’affaire Beisse* alors qu’elle n’était que proc adjoint. Ensuite, elle avait supervisé plusieurs affaires de moindre importance, affaires où elle s’était montrée efficiente. Cela n’expliquait pas qu’en à peine ...
    ... trois ans, cette jeunette se retrouve balancée procureur dans la seconde juridiction de France. Ce qui l’expliquait mieux, selon mon interlocutrice : son paternel, juge du siège, avait l’oreille du garde des Sceaux.
    
    Je n’avais pas vraiment suivi l’affaire Beisse, mais je me rappelai que l’enquête de police avait été conduite par Éléonore Riquebit. Elle, je la connaissais bien, même intimement. Nous nous étions rencontrées lors d’un stage. Toutes les deux sous l’emprise d’une déception amoureuse, nous avions sympathisé. Lors d’une soirée plus qu’arrosée, nous nous étions retrouvées dans ma chambre et, bien qu’elle fût hétéro pratiquante, nous nous étions envoyées en l’air comme des grandes. Elle avait dû trouver ça agréable : elle n’avait jamais réutilisé son lit de toute la durée du stage. À l’issue de celui-ci, chacune était repartie de son côté. Nous nous étions revues quelquefois lors de réunions au ministère sans jamais remettre le couvert : elle avait retrouvé le chemin de l’orthodoxie. Je ne risquais rien de l’appeler.
    
    Éléonore n’avait changé ni de numéro de téléphone ni de manière d’être. Cette nana aurait pu devenir commissaire, mais comme moi, elle aimait trop le terrain pour se faire chier derrière un bureau. Justement en train de paperasser, mon appel arriva au meilleur moment. Après avoir évoqué quelques souvenirs d’anciens combattants, elle m’apprit qu’elle avait retrouvé son mec puis nous passâmes aux choses sérieuses.
    
    — BAB ! Notre relation n’avait pas ...