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Relation toxique (8)
Datte: 05/02/2022, Catégories: Trash, Auteur: simson3, Source: Xstory
... faut. On va drainer. — Vous ne voulez pas, osa demander une infirmière inexpérimentée, confirmer avec une... — Pas le temps pour une radio, l’interrompit sèchement la femme-médecin. Elle sera morte de suffocation dans cinq minutes si rien n’est fait ! Pendant qu’une infirmière s’affairait à installer un cathéter intraveineux de calibre 16g en vue d’une éventuelle transfusion sanguine et qu’on préparait la patiente pour le drainage thoracique, Alicia y alla de nouvelles directives : — Faitescrossmatcher pour elle cinq culots du groupe O positif. Consultations stat en chirurgie, en orthopédie et en gynéco. Demande d’admission aux Soins intensifs en mentionnant ‘jeune polytrauma, enceinte de douze semaines’. Requête immédiate pour la salle d’op. La saturation d’oxygène, bien que très en-deçà des valeurs normales, s’était stabilisée, une légère cyanose sur les lèvres et les ongles de la victime témoignant de sa faible valeur. Toujours inerte, Sophie se laissait ventiler sous les manœuvres expertes de l’inhalothérapeute Carl qui dosait savamment ses efforts sur le ballon-réanimateur. — N’insiste pas trop avec tes insufflations, Carl, lui recommanda Alicia. Si on force trop, on va faire éclater l’autre poumon. Blousée, masquée et gantée, l’urgentologue prépara la patiente en badigeonnant de chlorhexidine la zone à inciser. À son invitation, Martin s’était approché de la civière, conservant aux fins d’asepsie une distance raisonnable. Un champ stérile troué ...
... recouvrit le sein gauche de Sophie, exposant toutefois le troisième espace intercostal, site choisi pour l’insertion du drain thoracique. — Le traumatisme causé par la colonne de direction a probablement causé la pénétration indue d’air entre les deux enveloppes du poumon, expliqua la femme au jeune étudiant. C’est ce qui accompagne une fracture de côtes à l’occasion. Normalement les deux plèvres sont accolées l’une sur l’autre et entourent solidairement l’organe dans la cavité thoracique. Quand de l’air envahit l’espace interpleural, cela repousse et écrase le poumon vers le cœur, l’empêchant de s’expandre et de fonctionner comme il le devrait. Le poumon ressemble alors à une éponge qu’on a écrasée dans sa main. En drainant l’air trappé dans la cavité, on permettra au tissu pulmonaire de reprendre sa place normale et de recapter l’oxygène dont l’organisme est présentement privé. Prête à procéder, Alicia traça sur la peau désinfectée des repères en pointillé à l’aide d’un marqueur stérile. — Vous n’allez pas lui faire une anesthésie locale, docteure LeBel ? lui demanda Martin. La femme arrêta son geste et regarda son interlocuteur, condescendante face à son ignorance : — La patiente est en coma. Tout son corps souffre, présentement, mais elle n’en a pas conscience. Elle ajouta toutefois, sur un ton plus bas, cachant difficilement un certain trémolo dans sa voix : — Crois-moi, Martin, je serais la première heureuse de la voir réagir à la douleur ! La lame ...