-
COLLECTION HISTOIRE COURTE. Le black et la femme enceinte (1/1)
Datte: 26/01/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: CHRIS71, Source: Hds
• Prenez ma place, c’est normal de vous laisser vous assoir lorsque l’on est enceinte comme vous. • Quand je vois le nombre d’hommes qui tourne la tête quand nous montons dans ces bus, que ce soit un homme de couleur qui soit galant, ça montre le degré de galanterie où sont tombés nos hommes en France. Je dis ces mots assez forts, car il est vrai que bien souvent lorsque je prends les transports en commun, peu d’hommes se lèvent pour me laisser une place. Ce grand black, très bien mis jusqu’à ses chemises blanches avec boutons de manchettes certainement en or et son costume avec gilet, vient de se lever. Je prends sa place, il se penche vers moi pour me parler afin que moi seule entende. • Je suis français depuis le premier jour de ma naissance. Ma maman m’a appris la galanterie envers les femmes qui plus aient si comme vous, vous renouvelez nos générations. Il reste là, à mes côtés tenant la poignée en hauteur pendant trois arrêts. Je suis allée faire ma visite du 7e mois en bus, car Fred mon mari est parti pour trois jours faire un tournoi de rugby avec son club. Je veux bien qu’il soit l’ouvreur et le capitaine de son équipe, mais me laisser seule en cette période est aussi pour moi un manque de tact et de galanterie. Le prochain arrêt, c’est pour moi, je lève ma main cherchant le bouton, mes doigts touchent sa main et je ressens une décharge comme un coup de fusil. • On dirait que nous sommes branchés ! • Oui, ça surprend, mes bébés ...
... ont tressauté. Je vais pour me lever, difficilement avec mon gros ventre. C’est normal, à la dernière visite où Fred m’avait accompagné avec notre voiture, il nous avait annoncé une fille et là je rentre à la maison avec toujours une fille, mais aussi un garçon. Un train peut en cacher un autre, un bébé peut, lui aussi en cacher un autre. • Attendez, je vais vous aider, je prends votre cabas. Entre mon gynéco et l’arrêt du bus, je suis allée faire quelques emplettes et comme d’habitude je me suis laissé surprendre à acheter des choses qui auraient pu attendre le retour de mon mari. • Merci, vous êtes vraiment très aimable, inutile de descendre, j’habite à deux pas. • Moi aussi je descends, car je suis à deux pas de chez moi. Je vois que vous habitez à droite vue la direction que vous prenez, comme moi. Il me fera plaisir de porter votre fardeau sur quelques mètres. Deux litres de lait, un kilo de farine. Certes, la tablette de chocolat est assez légère, mais les trois kilos de patates, ça pouvait attendre. À oui, j’oubliais, 500 grammes de fraises Gariguettes, envie de femme enceinte. • J’habite dans cette maison, au coin. • Vous êtes le nouveau locataire du premier ! • Oui, pour le premier, mais j’en suis propriétaire. • Et vous avez déménagé il y a trois jours. • Vous me surveillez ! • Non, soyez sans crainte, votre camion de déménagement rendait la rue difficile à remonter et plusieurs fois des automobilistes pressées ont ...