1. Un soir au camping Marinella


    Datte: 17/01/2022, Catégories: Dans la zone rouge, Auteur: Mln, Source: Hds

    ... place principale du camping, proche de l’entrée et du bâtiment de la direction, afin de laisser possible des entrées (payantes) des clients des autres campings et des habitants du village voisin. Des affiches toutes faites avaient été posées sur les routes alentour et il y avait plus de monde que d’ordinaire à cette heure-ci : “Miss Camping” ça attire plus de monde que le “Tournoi de belote”, c’était prévisible. Il y avait-là toute la fine fleur du comté, résidents provisoires ou autochtones méridionaux. Une bande de jeunes types étaient venus avec tambours et trompettes pour s’assurer de faire un maximum de bruit. On comptait une écrasante majorité de bonshommes dans cette foule, quelques femmes et aucun enfant. J’avais rejoint Anthony et nous nous étions placés assez proches de la scène bien que je n’y tenais pas, de peur de me faire bousculer ou pire, éclabousser par des débordements de bière, servie à un tarif défiant toute concurrence, dans de grands gobelets peu fiables et tenues par des mains déjà rendues malhabiles par les précédents gobelets vidés.
    
    L’heure du show était arrivée et l’animateur habituel du camp grimpa sur la scène. Micro à la main, il déclara ouverte la n-ième session de “Miss Caming Marinella” et commença à faire venir à lui les concurrentes.
    
    J’étais très attentive à ce qui se déroulait sous mes yeux, car je me demandais quelles filles pouvaient être assez cruches pour s’inscrire à ce genre de mascarade. Je les dévisageais, les examinais sous ...
    ... toutes les coutures, d’abord une, puis deux, puis une troisième, quand soudain j’entendis appeler un nom qui me fit tressaillir :
    
    "La quatrième et dernière candidate s'appelle Marie-Hélène, elle nous vient de Paris !”
    
    “Tiens, il y a une fille qui vient de Paris aussi et qui porte le même prénom que moi.”, me dis-je, commençant en même temps à scruter la foule pour découvrir qui était cette fausse jumelle. Tournant la tête de tous côtés, je croisais les regards plus ou moins familiers des types que j’avais rencontrés ces derniers jours, à la pétanque, à la plage ou chez les commerçants du coin. Tous me regardaient et applaudissaient. L’un d’eux cria : “Allez Marie-Hélène, ne nous fais pas attendre !” Je le reconnu, il faisait partie de mon équipe de volley quelques jours auparavant, un excellent équipier.
    
    Anthony me prit l’épaule pour me tourner vers la scène, où l’animateur repris : “Elle est timide, alors on l’encourage !” La foule applaudit de plus belle.
    
    Je compris alors le traquenard : Anthony m’avait inscrite au concours sans me prévenir. J’entrai dans une colère noire contre mon récent camarade et le fusillais du regard. Lui, confus de cette initiative bien trop cavalière, semblait sincèrement désolé. Cependant, pour une raison inexpliquée, peut-être aussi à cause des deux verres de rosé que j’avais pris avec ma pizza, peut-être simplement à cause de la ferveur contagieuse, candide et bon enfant de cette foule que je connaissais pour partie, je me sentais bien ...
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