1. Mis au (pas très) net


    Datte: 09/01/2022, Catégories: fh, ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe

    ... retrouvèrent assises en tailleur, se faisant face sur lit dévasté. L’une écoutait l’autre. À la fin de son argumentaire, il leur parut évident que leur seule option imposait de remettre le couvert avec Dorset. Rapidement.
    
    Peu importait l’heure, comme Charlotte n’avait pas demandé d’avocat, elles allaient interrompre son sommeil. Écrouée dans une cellule de garde à vue à l’hôtel de police, elle pouvait en être rapidement extraite. Le spectre qui apparut entre deux gardiens de la paix n’avait plus rien de la jeune femme qu’elles avaient interrogée la veille. Les gardiens faisant fi de ses désirs avaient confisqué sa perruque et ses fringues. Le cheveu court, l’air hagard, le maquillage défait, elle n’avait pas vraiment bonne mine dans les vêtements fournis par l’administration.
    
    Son calme les surprit. Elle s’installa posément sur le siège qu’Anna lui désigna. Étant à l’origine de cet interrogatoire impromptu, la cheffe lui avait confié la direction des opérations. Inversion des rôles, elle assise face à la prévenue ; Colette, debout adossée à la porte.
    
    — Pourquoi ? Au milieu de la nuit ! J’ai tout avoué, déclara-t-elle de sa voix haut perchée. Qu’est-ce que vous me voulez ? Je signerai tout, alors fichez-moi la paix.
    — Ce n’est pas si simple, Charlotte, ou préférez-vous M. Dorset.
    — Appelez-moi comme vous voulez. Mais dépêchez-vous.
    — Je voudrais qu’on revienne sur le déroulement des évènements.
    — À quoi bon ?
    — Pour employer une formule consacrée : pour les ...
    ... besoins de l’enquête.
    
    Elle conservait un ton neutre, plutôt bienveillant.
    
    — D’accord, mais qu’on en finisse.
    — Racontez-moi depuis votre arrivée en VTC.
    — Mais je vous ai… Bon si vous y tenez.
    
    Elle s’exécuta de mauvaise grâce et raconta en s’en tenant strictement aux faits. Anna la laissa parler sans intervenir. Quand fut évoquée la neutralisation de Sanmarco, elle plaça sa première attaque sur un ton badin.
    
    — Je ne comprends pas. Pourquoi avez-vous laissé le taser alors que vous avez emporté le couteau ?
    
    Charlotte sourit et se précipita dans le piège.
    
    — C’est pourtant évident. Le taser, je n’avais laissé aucune empreinte et, comme je l’avais acheté sur internet, vous ne pourriez pas me « tracer ». C’est comme ça qu’on dit, n’est-ce pas.
    — En effet. Pourquoi ne pas faire la même chose avec le couteau ?
    — Il était plein de sang et je ne pouvais être certain de l’avoir bien nettoyé.
    — Qu’en avez-vous fait ?
    — Je l’ai jeté dans le Rhône.
    — Où ? À quel moment ?
    
    Jusqu’à là, Dorset avait répondu quasi instantanément. Cette question la déstabilisa.
    
    — Euh… Je ne sais plus… Euh… agi en état second… Pas tous les jours qu’on tue quelqu’un.
    — Surtout de cette manière sadique, intervint Colette.
    
    Elle baissa la tête, prostrée.
    
    — Laissons cela pour l’instant, lieutenant. Nous en étions au taser. J’aimerais que vous me réexpliquiez comment vous avez procédé pour étourdir Sanmarco.
    
    Aucune protestation. Elle recommença, dit comment elle avait surpris sa ...
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