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Mis au (pas très) net
Datte: 09/01/2022, Catégories: fh, ff, policier, Auteur: Domi Dupon, Source: Revebebe
... sort, le taxi de Dorset passa sous notre nez. Anna força le passage. Nous roulions derrière notre suspect et il le savait. Il nous avait repérés au passage du rond-point et je le/la voyais se retourner. Sarah et Anna me pressaient d’intervenir. Je leur ordonnai sèchement de garder leur calme. On se dirigeait vers Perrache. Encore une gare. Allait-il encore essayer de nous fausser compagnie ? Sa jupette ne faisait pas le poids contre nos futals et notre forme physique. Fausse alerte. Ils prirent les quais du Rhône, direction Genève. Pas pour très longtemps. Le taxi s’engagea sur le pont de la Guillotière avant de prendre à droite la rue de la Guille. — Qu’est-ce qu’il glande, s’exclama Anna ! J’eus une illumination. — Si j’m’trompe pas, il va continuer sur l’avenue des frères Lumière. Sarah tilta. — J’y crois pas. Il va chez nous. — Garde tes distances, Anna. Ne l’effraie pas. La voiture s’arrêta devant l’entrée principale de l’hôtel de police. Nous nous garâmes derrière elle. La vieille dame paya le chauffeur, récupéra sa valise et vint vers nous. Lorsqu’elle se fut suffisamment approchée, quelque chose en elle ne me fit pas penser à Tennessee, mais à Charles. Un je ne sais quoi de masculin dans son visage. Elle s’adressa directement à moi. — Je suppose que c’est vous la cheffe. Je suis Michel Dorset. J’avoue : c’est moi qui ai tué cette ordure de Sanmarco. Arrêtez-moi. Et dans un geste très théâtral, elle tendit ses mains pour que je lui passe des ...
... menottes. #***************# En arrivant à l’étage, je lui demandai si elle voulait se changer, retrouver son apparence masculine. Elle protesta énergiquement. Elle avait enterré Michel. Elle ne nous parlerait que si on la traitait en femme. Pendant qu’Anna et Sarah accomplissaient les formalités administratives et la conduisaient en salle d’interrogatoire, j’envoyai un message à Charles pour lui dire qu’il était lavé de tout soupçon et que j’étais désolée pour les misères qu’on lui avait faites. Ensuite, je partis à la recherche de l’uniforme qui avait écroué Rose. Comment Dorset avait-il été prévenu ? J’avais une petite idée qui fut confirmée par mon jeune collègue. Rose Delion avait demandé à téléphoner à son avocat. Après une rapide vérification, il s’avéra que le numéro appelé ne correspondait pas à celui d’un avocat. Quand je les rejoignis, je m’aperçus qu’elle avait troqué sa perruque grisonnante pour celle qu’elle avait utilisée le soir du meurtre. À mon air surpris, elle me dit, avec un léger sourire : — Je ne veux plus me cacher. C’est aussi bien que vous m’ayez retrouvée. Je ne veux pas passer mon temps à fuir et vivre la peur au ventre. Je croyais que je me sentirais mieux après avoir tué ce salaud, mais c’est encore pire. Elle était attendrissante. Je ressentais un sentiment de compassion pour elle. Bien la première fois que je me trouvais en empathie avec un assassin. Je ne l’approuvais certes pas cependant je la comprenais. Je me surpris à lui ...