1. 0301 Une histoire peut en cacher d’autres.


    Datte: 27/12/2021, Catégories: Entre-nous, Les hommes, Auteur: Fab75du31, Source: Hds

    ... gars mignon, sympa, drôle, et plutôt bon amant. Avec Benjamin, c’était léger, il n’y avait pas de prise de tête. On ne s’était rien promis, à part de passer de bons moments, de partager des repas, des films, des conversations, des rires, et des bonnes baises.
    
    C’est pendant l’une de ces baises que tout a basculé. La capote qu’il portait avait cassé et il ne s’en était rendu compte qu’en sortant de moi, après avoir joui. J’avais paniqué. Je lui avais demandé de faire un test, il avait refusé. Aux urgences, on m’avait donné le traitement post-exposition. Et c’était parti pour trois mois d’angoisse en attendant le test qui pourrait faire cesser cette angoisse ou tout faire basculer dans ma vie pour de bon.
    
    Noël était arrivé et c’était dur de cacher ma souffrance et ma peur à mes parents, surtout à maman. Jérém me manquait horriblement.
    
    Malgré sa pause imposée, le soir du réveillon je n’avais pu m’empêcher de lui envoyer un message peu avant minuit pour lui souhaiter un Joyeux Noël.
    
    Jérém avait répondu. Il fêtait le réveillon chez son père dans le Gers et il se faisait tout aussi chier que moi. Il m’avait proposé de nous voir. Je n’avais pas su refuser.
    
    Nous avions passé la nuit à l’hôtel, à discuter, à faire l’amour, à nous aimer à nouveau. Il m’avait terriblement manqué et je lui avais manqué aussi. Il s’est excusé du mal qu’il m’avait fait et j’ai retrouvé le Jérém adorable qui me rend fou amoureux de lui.
    
    Le lendemain, il m’avait proposé de repartir à Campan ...
    ... jusqu’à la rentrée.
    
    Campan était sous la neige. Et dans les Pyrénées, dans la petite maison, loin des peurs de Paris et des angoisses de Bordeaux, mon bonheur, notre bonheur d’être ensemble était à nouveau parfait.
    
    NICO
    
    Campan, le 31 décembre 2001, 23h57
    
    "Je te promets que le prochain réveillon on le fêtera ici à Campan, avec les cavaliers.
    
    – J’adore l’effet que Campan a sur toi, Jérém !
    
    – Quel effet ?
    
    – Il fait ressortir le Jérém le plus adorable qui soit !
    
    – Campan n’est qu’à nous !
    
    – Oui, c’est notre refugeé".
    
    Bordeaux, le mardi 31 décembre 2002, 18h56
    
    Sous la douche, je repense à ce rendez-vous manqué avec les cavaliers. La neige nous avait bloqués à la petite maison, sans électricité, sans beaucoup de provisions. Je repense à cette omelette avec laquelle on avait fait un repas de fête. Ce soir-là, il n’y avait que la cheminée, une omelette et notre amour, et ça nous suffisait pour être heureux.
    
    Je me souviens de chacun des instants du réveillon d’il y a an, de chacune de mes sensations, de toutes les nuances de bonheur que m’apportait sa présence. Je me souviens de chacun de ses regards, de chacun de ses sourires, de chacun de ses mots. Et surtout de ces trois petits mots dont il m’avait fait cadeau juste après avoir fait l’amour à l’approche de minuit.
    
    "Je t’aime"
    
    Trois petits mots sur l’oreiller, trois mots, un monde entier.
    
    Longtemps j’avais rêvé d’entendre ces mots de sa bouche. Et ce cadeau était enfin venu, à l’instant ...
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