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Quand c'est l'heure, c'est l'heure
Datte: 19/12/2021, Catégories: nopéné, confession, rencontre, Auteur: Enzoric, Source: Revebebe
... m’endormais avec lui. Avant j’lui racontais ma journée. C’est pratique une p’luche. Ça dit rien. Comme lui. J’ai grandi. J’ai changé. J’aime plus les poils. Ça gratte. Surtout la barbe. Le corps encore ça va. Mais le bec. Beurk ! Lui il est toujours rasé de près. Sûre qu’il est tout doux de partout. Et il sent bon l’cochon. J’le sais. J’l’ai senti. Il a passé la semaine comme d’hab. Réglé comme du papier à zique. Les murs sont trop épais pour que j’l’entende. Alors j’l’imagine. Pas d’réveil. Pas besoin. Il a pas d’horaire. Il bosse pas. Ou alors il bosse de chez lui. Mais tous les matins il s’lève à sept heures pétantes. Il déjeune. Des œufs. Il s’en fait livrer trois douzaines la semaine. Café. Sais pas. Pas vu. Thé peut-être. Du jus d’orange ça c’est sûr. C’qui est sûr aussi c’est qu’il boit pas que de la bière ou du pinard. Quatre packs de gazeuse. Jamais la même. Enfin si. Chaque semaine sa marque. Ils viennent à deux pour lui amener sa ration. Entre la flotte, la binouse et le paf, plus les sacs que j’sais pas c’qu’y’a d’dans, z’ont du taf les cocos. À 8 h 30, c’est ménage. Il passe l’aspi. Après je sais pas. Je pars au taf. Quand je rentre y’a d’la zique sur le palier. Pas mon trip. C’est l’genre de truc que t’achètes au tabac pour 99 centimes le premier. Après t’arrêtes c’est trop cher et faut s’abonner. J’ai téléchargé une appli pour savoir c’qu’il l’écoute. Quand j’ai vu les noms j’ai halluciné. La neuvième de j’sais plus qui. Requiem de ...
... machin. Les quatre saisons de bidule. Du classique quoi ! Le genre violon et flûte et tout c’qui va avec. Au début je trouvais ça nul. Ça chante pas. Et quand si c’est ni en français ni en anglais. Pis à force j’y ai pris goût. J’ai même changé la station de mon radio réveil. C’est plus cool pour s’réveiller qu’les infos ou la météo ou l’horoscope. Suis une couche-tôt moi. J’ai un taf qui fatigue. Alors le soir j’sais pas à quelle heure y’s’couche lui. C’qu’est sûr c’est qu’moi j’pionce depuis des lustres. J’aime bien ses habitudes. Ça m’calme. Moi suis une pile. J’peux pas rester une minute sans bouger. Tout le contraire de lui. Bon. C’est pas l’tout mais faut que j’y aille. J’ai rencart ce soir. Avec lui. OoOo0 J’suis arrivée plus d’une heure avant lui. Avant j’me suis fait un petit resto. J’savais qu’il allait venir. Il est réglé comme du papier à zique. J’me suis planquée. Aux chiottes. Dix minutes avant. Quand j’suis sortie il était au bar. À sa place. Il parlait. Pas normal. Il parle jamais ici. Il boit. L’pingouin il avait l’air coincé du cul. Ça m’est revenu. J’avais picolé sur son compte. Il me faisait pitié le pauvre. Il trinquait grave. Et il aurait pas lâché l’affaire. Qui qui qui, qu’il disait. Et l’autre il était bien dans la merde. Je pouvais pas le laisser comme ça l’pingouin. Il avait été sympa. Alors j’ai dit moi. J‘étais dans son dos mais j’l’ai vu se détendre. Pas l’pingouin. J’m’en tape de lui. Après on a causé un peu. Il ...