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Olga, Elodie et Philippe 16 - Soutenance de thèse
Datte: 13/11/2021, Catégories: A dormir debout, Auteur: Olga T, Source: Hds
... garçonne, ni coiffée ni maquillée, discrète et inconnue du monde, voulant passer, comme de coutume, totalement inaperçue. Elodie avait caché les suçons sur son cou par une écharpe en coton bio. Ses parents, qui venaient de loin, étaient déjà là. Ils n'avaient pas changé, portant, comme escompté, leurs habits du dimanche. Ils étaient un peu gauches et engoncés, impressionnés par la circonstance et par le lieu. Ils n’avaient jamais compté de docteur dans les rangs de leurs familles de vignerons et d’ouvriers. Alors assister à la remise de thèse de leur fille et monter pour cela à la capitale, c’était toute une expédition... Le père n’aurait manqué cela pour rien au monde. Il était beau, si loin de ses vignes et de sa terre, le visage buriné par le soleil et la tramontane. Elodie l’étreignit avec sincérité et grand plaisir, cela faisait bien longtemps, trop longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus, presque cinq ans. Il avait mis beaucoup trop de parfum, ce bleu de Chanel qu’Elodie lui avait offert à Noël. La mère était toujours le portrait craché d’Elodie avec vingt ans de plus. Cette pression d’enfance, vis à vis de cette ressemblance physique avec cette femme, vint triturer avec la même force qu’avant les entrailles d’Elodie. Ces années d'éloignement n’y avaient rien changé et plein de choses douloureuses ressurgirent. La maman lâcha innocemment et fièrement : • Regarde qui est venu te faire la surprise à la dernière minute ? L’homme qu’Elodie redoutait plus que ...
... tout au monde sortit des WC, tout sourire en voyant la petite. Il referma lentement sa braguette sous le regard atterré de l’étudiante. Il n’était pas homme à se laver les mains. Il essuya une coulure bavante à la commissure de ses lèvres. • Ton Oncle a été si gentil de venir, que tu puisses avoir toute ta famille avec toi. Coincée face à son père, Elodie ne put esquiver le baiser bien gras du tonton, obligée de sentir le souffle de son haleine fétide. Son sourire carnassier la tétanisa sur place. L’oncle était fier du coup de Maître qu’il venait de lui faire subir, jouissant de la sentir toujours aussi fragile et troublée sous son regard. C’était bien le dernier homme qu’Elodie aurait voulu voir ce jour-là. Sauvée par le gong, Elodie entendit sa jeune sœur débouler tout au fond du couloir. Cette machine à paroles, toujours en verve, s’exprimait vite et fort, accompagnée du cliquetis de ses talons, marchant telle une star, avec l’assurance naturelle du profil type des écoles de commerce, café Starbucks en main : un caramel macchiato tall double shot au lait de soja. Comme d’habitude, sa présentation était impeccable : petit tailleur sublime, coiffée, maquillée, manucurée, trio collier-bague-boucles d’oreilles associées, avec la pointe d’agressivité qui allait si bien à sa supériorité naturelle affichée. Son éloquence écrasait aussi la personnalité de son grand frère qui n’avait rien trouvé de mieux que de venir avec son petit copain. Elodie était triste de le voir ...