1. Secrets de couventines (9)


    Datte: 01/11/2021, Catégories: Lesbienne Auteur: simson3

    Ne cherchez plus le couvent de la Congrégation Notre-Dame du Mont-Caramel. L’imposant bâtiment de pierres construit au milieu du dix-neuvième siècle et occupant un immense domaine sur la rue Saint-Pierre Ouest à Saint-Hyacinthe fut détruit le vendredi 13 mai 1977, rasé au sol par un violent incendie que l’on qualifie encore aujourd’hui de suspect.
    
    Pendant longtemps les ruines en sont restées abandonnées, ne laissant sur place que les pierres ayant en grande partie formé la structure de la bâtisse. Aujourd’hui le lieu est occupé par un vaste parc municipal donnant sur la rivière Yamaska, conservant toujours quelques vestiges témoignant de la vie communautaire qui y régna pendant plus d’un siècle.
    
    En parcourant les allées graveleuses qui sillonnent les espaces, le visiteur y découvrira les restes d’un cimetière où quelques pierres tombales résiduelles accompagnées de plaques commémoratives montées sur pieds identifient les dépouilles inhumées.
    
    L’une d’elles indique le lieu de sépulture de mère Sugar Cadbury, fondatrice de l’Ordre, décédée du diabète en 1899. La seconde est associée à celle de mère Ève N., la grande dirigeante du couvent qui, prise d’un mal mystérieux, rendit subitement l’âme en 1975. Un peu en retrait on retrouve le lieu d’inhumation du père Réal Fontaine, décédé quant à lui d’une crise cardiaque avant même d’avoir atteint l’âge de quarante-huit ans.
    
    Soit dit en passant, l’abbé Fontaine n’aura jamais divulgué le contenu de la récente confession ...
    ... conjointe effectuée par les deux novices, sans doute vivement touché de voir pour la première fois de sa vie deux jeunes femmes s’aimer d’un réel amour, allant ainsi à l’encontre des principes moraux et religieux qu’il avait pourtant toujours prêchés.
    
    Le petit boisé a été conservé, gardant le souvenir des nombreux moments où les tourterelles s’y sont retrouvées afin de se recueillir ensemble ou tout simplement pour pouvoir baiser tranquillement dans le calme de la nature.
    
    Un phénomène paranormal non dénué d’intérêt attend de plus le visiteur sur le site : pour une raison que personne n’a jamais pu expliquer, on remarque sur les berges sablonneuses de la rivière Yamaska, tout juste derrière l’ancien emplacement du noviciat, la présence de traces ineffaçables de pieds nus se dirigeant vers l’eau. Pluies et neiges ont beau s’abattre sur les empreintes, elles finissent toujours par réapparaître mystérieusement à la surface du sol. On a surnommé affectueusement ces marquesLes pas de la perdition. La légende raconte l’histoire de deux jeunes sœurs en religion qui, s’aimant éperdument d’un amour interdit, préférèrent noyer ensemble leurs âmes dans la rivière et le péché plutôt que de reprendre le droit chemin.
    
    Une autre version, moins triste celle-là, prétend quant à elle qu’il s’agit là plutôt des traces éternelles d’un très romantique bain de minuit pris lors d’une chaude nuit d’été par deux novices lesbiennes dont une qui était ingénument à la découverte de son orientation ...
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