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La main passe
Datte: 21/10/2021, Catégories: jeu, jeux, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... et emmenez mon verre en même temps à la table. Je n’aime pas me vanter, mais j’ai une plastique plutôt agréable. J’en joue avec mes adversaires. Pendant qu’ils regardent mes seins, ils ne cherchent pas à analyser mes réactions. Pour les tournois, je mets en général un léger décolleté, juste histoire d’occuper les regards. Bon, ça, ça ne marche pas avec les meilleurs joueurs, et pas vraiment non plus avec les joueuses. J’ai un joli visage également. Je suis rousse, mes cheveux tombent dans mon cou, et j’aime remettre, innocemment, une mèche derrière mon oreille pendant une partie. Et d’un, c’est le genre de geste typiquement féminin, qui peut déconcentrer un adversaire masculin. De deux, ça peut donner une fausse piste à mes adversaires lorsqu’ils cherchent à me décrypter. Mais je reviendrai tout à l’heure sur le décryptage. J’ai les yeux noisette. Ça tombe bien, ça va très bien avec mes cheveux roux. Ils sont très clairs, et tendent presque sur le jaune or. Un regard tranchant en quelque sorte. Voilà encore un atout pour le poker. Un bon joueur cherche à accrocher le regard de ses adversaires. Pour l’intimider, pour le perturber, pour le déconcentrer et pour l’analyser. Un regard perçant et tranchant permet parfois de faire détourner le regard des adversaires. Le poker est un jeu où les meilleurs joueurs sont ceux qui prennent les bonnes décisions au bon moment. Les gens ne connaissant pas, ou mal, le poker… assimilent ce jeu au seul bluff, comme s’il se ...
... résumait à ça. C’est quelque chose d’important pour gagner, mais il n’y a pas que ça. Bluffer nécessite surtout d’avoir fait le tour des choses avant, d’avoir fait le tour de la table surtout. Bluffer en aveugle est suicidaire. Le bon joueur de poker est celui qui va faire moins d’erreurs que ses adversaires. À ce jeu-là, je me défends. Je suis une bonne joueuse. Le poker est un jeu mental qui nécessite du sang-froid et un grand niveau de concentration. Ça se travaille surtout. Le bon joueur de poker est un athlète qui s’entraîne. Qui entraîne son cerveau surtout. D’où mon souhait de faire cette partie dans ce club le veille du tournoi. Il faut du mental, disais-je, de l’analyse, mais aussi de l’instinct, de l’audace et de la discipline, de la patience. Mais surtout, la possibilité de se projeter dans la tête des adversaires. Anticiper, repérer leurs tics nerveux, masquer les siens, les mettre sur de fausses pistes. Les décrypter, quoi. Vous le voyez, ce jeu ne tient pas tant que ça au hasard et à la chance. Bien sûr, une bonne main rend les choses plus faciles, une quinte flush est toujours mieux qu’une paire de deux. Par contre, on gagne aussi avec son mental, autant qu’avec ses cartes. Sean m’emmena dans la salle du fond. La pièce était petite. Une seule table occupait le centre. Quatre personnes étaient assises autour en train de jouer. Trois hommes et une femme. J’allais donc faire la cinquième. J’aime les nombres impairs autour d’une table. Superstition ...