1. Le bon coté des choses


    Datte: 20/10/2021, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... fric ! En y réfléchissant bien, à sa place je ferais quoi ?
    
    Seulement voilà ! Je ne suis pas à sa place, mais bien à la mienne et ce n’est pas la plus confortable. Je dois être rouge comme une pivoine et il peut s’en rendre compte. C’est pour cela qu’il ajoute nonchalamment pour me rassurer :
    
    — Je te laisse réfléchir ! Je repasse demain pour mes sous ou… à toi de voir Élodie. D’accord ?
    
    Que puis-je répondre à cela ? Je n’ai aucun argument à opposer à ce bonhomme. Il a bien soixante-dix balais et j’en affiche à peine la moitié. Ses phrases me tournent dans le ciboulot. Lui donner ce qu’il veut, c’est abandonner toute dignité. Puis d’un autre point de vue, c’est aussi dormir mieux puisque les soucis de le voir débarquer pour réclamer son dû deviendraient nuls. Mais lui donner mon ventre… je ne sais pas si j’en suis capable.
    
    Par contre, je dois dire que sa proposition vient de me faire me souvenir que je suis une femme et que j’ai aussi des besoins physiologiques en sommeil. Ce vieux beau les a réveillés sans que j’y prenne garde et je ressens comme un appel à la chair de ce corps qui végète depuis… trop longtemps. Les idées se bousculent sous mes tifs bruns. Que faire ? Comment gérer ces espoirs et les désillusions qui m’assaillent tour à tour ? La nuit n’est pas vraiment bonne conseillère et je surfe sur un flot continu de pensées contradictoires.
    
    Finalement je sombre dans un sommeil peuplé de mains qui me tripotent, de sexes bandants à souhait, sans jamais que ...
    ... je n’entraperçoive un seul visage de ceux à qui ils appartiennent. Mes cauchemars sont brutalement interrompus par les rayons d’un soleil chétif. Un automne qui sonne le glas de mes convictions. Je me laisse aller à imaginer agréablement ce qui peut se passer. C’est donc ainsi qu’ont débuté mes turpitudes. Par un petit soir de novembre, avec la visite de mon propriétaire.
    
    — xXx —
    
    Je passe la moitié de mon après-midi à me pomponner. Pas d’autres mots pour décrire ma douche et mon maquillage. Je reprends un visage de femme sous les soins attentifs qui relèvent mon apparence. Et le renvoi par le miroir d’une image de cette femme qui n’est pas, ne peut pas être moi… me ferait sourire si le moment n’était pas si pitoyable. La sonnette de mon entrée me surprend malgré le fait que je m’y sois préparée. D’un pas trainant, je vais ouvrir la porte. Et derrière celle-ci, une brassée de fleurs me cache encore pour un instant le visage du type.
    
    — Bonsoir Élodie !
    
    — Bonsoir Monsieur Jean !
    
    — Je peux entrer ?
    
    — Euh… oui, oui bien sûr !
    
    Il fait quelques pas et le voici au milieu de ma cuisine. Il ne sait plus quoi faire ni quoi dire. Le bouquet se tend vers moi, et c’est le trait d’union qui lui manque.
    
    — Tiens ! Mets-les dans un vase.
    
    — Merci ! Ce n’était pas nécessaire.
    
    — Pourquoi ? Tu les mérites. Et je présume que personne ne t’en offre depuis bien longtemps.
    
    Il enfonce le clou, là où ça fait mal. Il est lui aussi sur son trente-et-un ! Sa main tremble en ...
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