1. La danse des primates (1)


    Datte: 04/10/2021, Catégories: Divers, Auteur: Jane Does, Source: Xstory

    ... kitchenette, après sa bouilloire électrique. Il revient avec une bibine et une tasse d’un breuvage noir fumant.
    
    — Tenez et faites gaffe, c’est bouillant.
    
    — Merci.
    
    — Alors ? Vous me racontez ?
    
    — Quoi ? Que je vous raconte quoi ?
    
    — Ben... tout ! Pourquoi vous traînez le soir dans une boîte comme celle mal fréquentée des « Mille et une étoiles », par exemple ! Puis votre petite vie de bourgeoise friquée.
    
    — ... ? Il n’y a pas grand-chose à en dire.
    
    — Vous vous êtes pris le bourrichon avec votre mec ? Pas la peine de faire des cachoteries... ça se sent ces trucs-là !
    
    — Que je vous en parle arrangerait quoi, à votre avis ?
    
    — Rien, bien sûr ! Mais des fois, parler ça fait du bien. Quand j’ai des blêmes, j’en parle à Julie...
    
    — Ah oui ! Votre... casse-croute ! Et vous en parlez après ou avant ?
    
    — ? Avant quoi ?
    
    — Après avoir couché avec elle. C’est bien cela qui vous intéresse chez cette fille, n’est-ce pas ? Vous m’avez bien dit qu’elle n’était pas très... farouche ?
    
    — Oh ! Oui, mais elle dit aussi qu’elle est amoureuse de moi. Alors vous me racontez ?
    
    Il est là ! Sa bouteille de bière à la main, buvant à même le goulot et moi comme une conne avec ma tasse d’un café infecte qui fume encore. Je ne sais pas quoi lui répondre et les images de cette fille rousse qui bouffe la queue de mon homme, elles me remontent dans le crâne avec une violence qui me donne une espèce de rage froide.
    
    — Le salaud !
    
    — Ey ! C’est de moi que vous parlez ...
    ... comme ça ?
    
    — Hein ? Quoi ?
    
    — Vous me traitez de salaud ou j’ai rêvé ?
    
    — Ah ! J’ai dû penser tout haut ! Pardon pour cela, mais non, ce n’est pas à vous que s’adressait ce mot.
    
    — Je vois ! C’est votre man le pourri ?
    
    — Un peu oui.
    
    — Racontez ! Ça vous videra la caboche.
    
    — Oh ! Il n’y a rien à dire de plus que ce mot que je viens de lâcher sans faire exprès.
    
    — Je crois plutôt que vous lui en voulez à votre type. Il a fait quelque chose de mal ? Il a une copine et vous n’appréciez pas ?
    
    — ... ! Une rousse.
    
    J’ai encore lâché cela sans trop comprendre pourquoi je discute avec un gamin de vingt et une piges dans une chambre grosse comme un confessionnal.
    
    — C’est sa couleur de tifs qui vous fait flipper à ce point ? Ou alors elle baise avec lui et ça vous prend la tête ?
    
    — ... quoi ?
    
    — La rousse ? Elle se tape votre mec ?
    
    — Plutôt oui ! Je les ai trouvés à poils dans notre lit en rentrant un peu plus tôt de mon boulot.
    
    — Pas clean ça ! En plus c’est bien un con... faire ça chez vous ! C’est bien le meilleur moyen de se retrouver piégé... je sais d’où vous vient votre colère.
    
    — Ma colère ? Mais je suis folle de rage.
    
    — Je sais bien que c’est duraille ! Mais demain vous en discuterez avec lui... et comme tous les hommes, il aura les meilleures raisons du monde pour s’être tapé une voisine. Parce que s’il l’a baisée chez vous, c’est qu’elle est toute proche de votre maison.
    
    — ... vous croyez ? Je n’avais pas pensé à ce genre de ...
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