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Vol de jour (1)
Datte: 28/09/2021, Catégories: Divers, Auteur: Lioubov, Source: Xstory
... que je suis déjà au niveau du seuil de piste. Je visualise mon point d’aboutissement et, tout en poussant le manche vers l’avant, je déverrouille les aérofreins. Aucun effet ! Le planeur refuse de descendre ! Je dose mes efforts sur les commandes, mais c’est à peine si l’appareil descend. À ce rythme-là, je vais effacer la piste et me retrouver aux vaches… J’ouvre alors les aérofreins en grand et pousse le manche à fond en avant, en butée. Le planeur réagit et, vibrant de toute part comme s’il allait se disloquer en vol, il entame une descente vertigineuse (le vario indique – 10 mètres/seconde). Ma main gauche cramponnée sur la poignée bleue des aérofreins et la droite maintenant à grand-peine le manche en avant, je jette instinctivement un coup d’œil à la commande de largage de la verrière et à la poignée rouge d’ouverture de mon parachute. En une vingtaine de secondes, ce bon vieux ASK-13 descend jusqu’au niveau du sol tout en avançant à 20 km/h (mais toujours 110 km/h au Badin). Au tout dernier moment je tire sur le manche pour effectuer un arrondi, et c’est avec soulagement que je ressens le léger choc et le frottement de l’herbe qui me ...
... signalent que je suis de retour sur le plancher des vaches. Vite, j’ouvre la verrière, défais l’attache de sécurité des sangles qui me maintenaient sur le siège et m’extrais de l’habitacle. Je saute sur le sol, me défais rapidement de mon parachute que je pose sur le siège que je viens de quitter et referme la verrière après avoir bloqué le manche avec les sangles. Les copains sont déjà là avec la vieille 4L ; ils prennent le planeur en remorque et nous nous dirigeons vers les hangars alors que l’un d’eux soulève l’aile et que je soulage la queue de l’appareil à l’aide de la poignée qui se trouve le long du fuselage, non loin de l’empennage. C’est à ce moment-là que de grosses gouttes de pluie tiède viennent s’écraser sur nous. Ce n’est que plus tard, au bar de l’aéro-club, que je réalise que je viens d’échapper à un danger certain. Pourtant, pendant les trente secondes de cette manœuvre qui sort de l’ordinaire, je n’ai pas éprouvé la moindre peur ; bien au contraire, mes pensées étaient d’une clarté exceptionnelle. J’ai une pensée émue à l’attention des constructeurs allemands pour la robustesse de leurs planeurs. Un vol (presque) normal, quoi…