1. Rêve hypnotique au salon de thé (1)


    Datte: 25/09/2021, Catégories: Divers, Auteur: JulietteLanz, Source: Xstory

    ... qui transpire. Il met un doigt dans mes fesses et mes cris s’interrompent pour laisser place à un halètement. Je me cambre et m’approche de lui comme un drogué en manque. Et puis, tout s’arrête. J’ouvre les yeux, je me réveille. Laura est là, dans le salon de thé bondé, devant elle une tasse de Earl Grey, la magie de mon désir contenu dans ce liquide.
    
    II.
    
    Les serveurs en costume bleu clair déambulent dans le salon, à leurs bras, de grands plateaux chargés de théières, de tasses et de gâteaux appétissants. Laura me parle, j’écoute à moitié en buvant mon thé du Japon. La musique d’ambiance happe ma concentration. Je crois reconnaître le timbre chaud d’Otis Redding et je me concentre sur les autres clients. Je me rends compte que la clientèle est plutôt féminine. Il y a une dame un peu forte, mais très bien apprêtée avec un chien à ses pieds. Elle lui donne de temps en temps des morceaux de sucre, je ne saurais dire si ce régime alimentaire est plus approprié au chien qu’à sa propriétaire. Il y a un groupe d’adolescentes qui étalent des manuels scolaires sur une petite table bancale déjà bien chargée et qui rient à gorge déployée de quelques anecdotes croustillantes. Au fond de la salle, je vois un homme complètement vêtu de noir. Seuls ses cheveux blonds contrastent avec son obscure tenue. Il lit un livre.
    
    Je n’arrive pas à distinguer le titre, je suis trop loin. Mon attention se focalise sur cet homme. Il prend des notes, il écrit et arrache des feuilles qu’il met ...
    ... dans un sac en plastique.
    
    Soudain, la musique s’arrête et les tables tanguent. Les tasses de thé se vident sur le parquet brillant et les lumières s’éteignent. J’entends un grondement, comme un monstre préhistorique qui arrive sur le grand boulevard et qui crie sa haine des hommes. Les grondements se font de plus en proches et le sol bondit régulièrement, comme à l’approche de la bête. Je suis à terre, chaque soubresaut déplace mon corps et je glisse alors jusqu’à la table du blond au costume noir. Lui aussi est à terre, une feuille blanche et un stylo entre ses doigts. Nous nous retrouvons contre le mur. Il me sourit. J’ai le souffle coupé et j’ai peur. Alors, il se penche vers moi et prononce mon nom. « Juliette ... », « Juliette, je vous rencontre enfin ». Je ne comprends pas la portée de ses mots. Je le regarde, incrédule, peut-être bouche bée... il n’y a pas de miroirs pour confirmer que mon sentiment intérieur devient transparent sur mon visage. Il m’embrasse et je ferme les yeux.
    
    Je vois des éclairs blancs et des bulles rouges. J’ouvre les yeux et il a disparu. Je lève la tête, il est sur la chaise qui tremble, ses deux pieds bien plantés dans le sol pour maintenir sa position malgré les secousses. Il écrit. Il écrit furieusement. Il n’arrache plus de pages à moitié usées, mais les remplit d’une écriture serrée. J’essaye tant bien que mal de me relever, mais le sol s’effondre à chaque tentative.
    
    Je ne vois plus Laure, je ne vois plus sa tasse blanche remplie du ...