1. La très chère était nue


    Datte: 12/01/2018, Catégories: fhh, jeunes, Voyeur / Exhib / Nudisme Masturbation poésie, Auteur: Samuel

    Nous étions étudiants dans ces années 70 sans et aucun SIDA ne venait tourmenter nos soirées les plus débridées. Fous de poésies, baudelairiens et rimbaldiens à temps complet, tout nous semblait permis. Un soir que la brume tombait sur la ville comme un couvercle, nous nous sommes retrouvés dans la chambre assez spacieuse que je louais à une vieille femme, toujours étonnée qu’on puisse faire autre chose que des révisions « quand on a la chance de faire des études ». Elle avait vu passer quelques « créatures pas trop habillées à des heures indues ». Nous étions donc Véronique, Michel et moi, dans le mol abattement que laissent les heures de bibliothèque quand on sait qu’on ne pourra tout lire dans la journée, tout réviser dans la semaine, tout apprendre dans l’année.
    
    Michel avait déjà connu charnellement Véronique, qui m’avait parfois autorisé à quelques privautés sur son corps bronzé. Il prit théâtralementles Fleurs du Mal dont il avait une très belle édition, probablement volée dans une des librairies anciennes de la ville :
    
    — Je vais prendre un poème au hasard et nous devrons respecter ce qui est écrit avec le plus grand soin. Jurez que vous le ferez.
    
    L’idée nous plut tant que nous jurâmes aussitôt. Il ferma les yeux, prit le recueil de poèmes, l’embrassa sensuellement, et l’ouvrit à une page quelconque, bien qu’il soit difficile de trouver quelque chose de quelconque dans ce livre tant aimé. Les yeux toujours fermés, il me tendit le volume et me demanda de ...
    ... lire.
    
    Je lus bien sûrLes Bijoux jusqu’à la fin. Puis, nos regards se sont posés sur Véro. Elle souriait et elle ne disait rien. Une certaine tension était palpable dans l’air. À cette époque, nous considérions comme très grave le fait de ne pas respecter un serment. Je pensais que Véro, dont nous connaissions la nudité séparément, était gênée à l’idée de se déshabiller devant nous deux. Mais ce n’était pas cela.
    
    — Je n’ai pas de bijoux sonores, dit-elle avec un air espiègle.
    — Qu’à cela ne tienne !
    
    Et nous sommes partis comme des furieux, en espérant trouver encore quelque boutique ouverte dans ce novembre idéal pour le spleen. Un bijoutier, c’était exclu pour nos bourses, mais on trouva à la gare, une boutique où l’on vendait toutes sortes de verroterie : colliers en perle à deux sous, bracelets indiens, boucles d’oreilles et broches tintamaresques… Bref, on en prit pour deux kilogrammes. C’est à la course que nous sommes revenus dans ma chambre en faisant cliqueter nos trouvailles devant la porte de ma logeuse.
    
    Le tout fut déballé sur mon grand lit et on attendit le moment suprême. Michel et moi, avions les yeux rivés sur Véronique, qui avec un sourire mystérieux, sortit de son sac de belles bougies qu’elle avait dérobées dans la boutique, profitant que nous avions accaparé le vendeur avec nous bijoux « sonores ». Il faut dire que dans ces années-là, le vol dans les magasins était un de nos sports préférés. On considérait qu’il n’y avait rien de plus normal que de ...
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