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La première fois
Datte: 21/08/2021, Catégories: fh, couple, école, amour, revede, exercice, nostalgie, portrait, Auteur: Cheminamants, Source: Revebebe
... Puis, un doigt se lève, hésitant, celui d’un homme d’une trentaine d’années qui veut expliquer : — Tout d’abord, ça m’a gêné un peu, ce côté scolaire, puisque je ne l’ai pas fait spontanément. Puis, en caressant sa main avec mon pouce, j’ai réalisé que ça faisait bien longtemps que je n’avais pas constaté que sa peau était douce. Il se retourne alors vers la femme, qui est à son côté, et lui adresse un sourire timide. — Si vous voulez que je sois sincère, je peux vous avouer que j’ai ressenti, tout d’abord, du plaisir, dit une femme d’une quarantaine d’années bien passée. Mais la main de mon chéri n’y est pas pour grand-chose, puisque c’est moi plutôt qui le caressais, et lui qui restait sans bouger. Alors, c’est surtout de vous regarder tous qui m’a plu, au départ. Un petit côté voyeur. Désolée ! Les caresses, j’adore ! J’en ai jamais assez. Et ça, c’est un sacré problème, parce que mon Loulou, lui, il en a marre. Je passe tellement de temps à lui en réclamer, mais lui, n’admet pas que c’est parce que je veux savoir qu’il m’aime. Alors, je vous ai observés, pour voir si je pouvais déceler de l’amour qui passait dans vos yeux, pendant que vous caressiez vos mains. Mais ça, je n’ai pas su. J’ai juste vu que vous étiez plutôt doux. J’ai juste pensé que c’était peut-être de la tendresse, celle qui est au fond de vous, et que vous êtes allés chercher, parce qu’on est ici pour ça. C’est seulement à ce moment-là, que j’ai regardé nos mains, à tous les deux. Et là, surprise ...
... totale ! Un vrai fiasco… Je n’étais pas en train de caresser sa main, mais je la frottais, je la frottais. Il n’y avait pas de douceur dans ce que je faisais. C’était à moi de faire un effort. Alors, je me suis calmée. Ça n’a pas été facile de me détendre, et de me concentrer sur ma manière de faire, et de la changer. Mais, ma récompense, ça a été de sentir la main de mon chéri qui commençait à caresser la mienne, juste comme j’aime. J’ai relevé la tête à ce moment-là, et je l’ai vu sourire. — Pour moi, enchaîne Marylène, d’une voix un peu tremblante, cela m’a fait plaisir que ce soit Christophe qui prenne ma main. Mais si j’avais osé, j’aurais entrelacé nos doigts, comme des amoureux, ne peut-elle s’empêcher de rajouter. Elle en reste là, sans oser dire à quel point, ce geste lui manque. Puis elle sent, à ce moment, ses doigts s’écarter devant la douce fermeté de Christophe qui entrelace les siens, mêlant leur chaleur. Elle doit sans doute rougir un peu, sous le regard des autres, bienveillants ou admiratifs. La thérapeute reprend la parole : — À présent, tranquillement, laisser aller vos pensées. Prenez le temps de toucher vos mains, de les caresser, selon votre envie, et restez attentifs aux réactions de votre conjoint, et à ce que cela éveille en vous. Marylène baisse la tête, et attend. A-t-il remarqué que sa main dans la sienne tremble un peu ? Sans doute. Peu importe, pense-t-elle tout d’abord. Mais bien vite, ce fut un non ! Non, cela n’est pas sans ...