1. Poste restante


    Datte: 15/08/2021, Catégories: f, fh, couple, Auteur: Zébulon, Source: Revebebe

    ... avoir de papa pendant un si long temps.
    
    La vie sans Christophe s’organisa peu à peu. Il fallut deux bonnes semaines à Isabelle pour trouver le bon rythme. Elle qui pensait qu’elle faisait tout à la maison, elle s’apercevait à cause de son absence des tâches quotidiennes qu’accomplissait son mari. Elle se promit de l’en remercier à son retour.
    
    Au bout de ces deux semaines, elle trouva en rentrant un avis de réception de lettre recommandée. La barbe, se dit elle, je n’aime pas ces machins ! C’est toujours une mauvaise nouvelle qui arrive de cette façon. Un rappel d’impôt, une amende impayée ou une convocation au tribunal, rien que des réjouissances ! Et en plus, maintenant, il faut aller à Bellecombe pour la récupérer !
    
    Elle se rendit donc à la poste le mercredi suivant. C’est vrai que la profession d’enseignant a des avantages, être disponible quand les administrations sont ouvertes ! Elle se présenta devant l’unique guichet ouvert.
    
    — Bonjour, je viens récupérer une lettre recommandée, dit Isabelle en tendant à la Bellecombaise l’avis de réception.
    — Ah oui, Madame Isabelle Boisjoly, 4 allée des Hortensias à Châteauneuf, lut la préposée sur la lettre. La voici !
    — Oh, les impôts, beurk ! Qu’est ce qu’ils nous veulent encore ?!
    — C’est ce que disent tous les gens qui reçoivent ce genre de lettre ! Ah mais au fait, vous êtes la femme de Christophe Boisjoly ?
    — Oui, pourquoi, vous le connaissez ?
    — Bah, à force, oui ! J’ai une lettre en poste restante pour ...
    ... lui. Vous voulez la prendre ?
    — En poste restante ?! demanda Isabelle, étonnée.
    — Bah, oui, comme toutes les semaines ! D’habitude votre mari passe tous les lundi pour les prendre. Mais là ça fait quinze jours que je ne l’ai pas vu.
    — Il est en déplacement à l’étranger. Mais qu’est-ce que vous me racontez, il passe toutes les semaines ici ?
    — Tous les lundi, à huit heures trente tapantes, il est devant la porte pour l’ouverture !
    — Vous êtes sûre ? Vous ne confondez pas avec quelqu’un d’autre ?
    — Bah non ! Je ne pense pas qu’il y ait à Châteauneuf, un bourg de mille cinq cents habitants, deux couples qui ont le même nom et la même adresse !
    — Non, en effet, murmura Isabelle, abasourdie par cette découverte.
    
    Pourquoi son mari ne lui en avait-il jamais parlé ?
    
    — Bon, cette lettre, vous la prenez ou pas ? Vous savez, le délai de garde est de quinze jours, et c’est aujourd’hui le dernier jour. Si vous ne la prenez pas, je vais être obligée de la renvoyer à l’expéditeur !
    — Non, non, donnez-la-moi !
    
    Isabelle prit la lettre, remercia la gentille Bellecombaise et regagna sa voiture. Une fois assise, elle regarda l’enveloppe. On pouvait y lire Editions du Cherche Minou. Un éditeur ! Qu’est-ce qu’un éditeur peut bien vouloir à Christophe ? se dit-elle. Elle regarda sa montre : onze heures. Donc quatre heures du matin à Chicago. C’est trop tôt pour l’appeler. Elle posa la lettre sur le siège passager et prit le chemin du retour.
    
    Arrivée à la maison, elle retourna ...
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