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Hymne à la virilité (1)
Datte: 01/08/2021, Catégories: Divers, Auteur: chips493, Source: Xstory
... ne parla durant toute la durée de la montée. A l’ouverture de la porte, le jeune étudiant resta immobile, laissant la priorité au colosse. Ce dernier fit un geste de la main pour lui signifier qu’il lui laissait la priorité. Maxime ne se fit pas prier et se hâta à ouvrir sa porte. Du coin de l’œil, il vit que le géant était son voisin immédiat, à droite de son appartement. Il ne se doutait pas que c’était habité. Curieux qu’une telle masse passe aussi inaperçue au quotidien. Cette expérience remua son esprit jusqu’au coucher. Comment était-il possible d’avoir une si grande stature ? Pour sûr, si il avait le même gabarit, personne n’oserait le défier, et surtout les voyous de l’entrée. D’ailleurs, c’était sûrement au passage de ce monstre qu’ils avaient dû faire dans leur froc, au point de ne pas chercher d’embrouille à un maigre ado. Et tandis Morphée lui rendit visite, Maxime se fantasmait en colosse vengeur à l’encontre de tous ceux qui lui avaient causé du tort. Rasséréné par cette mémorable rencontre, il aborda la journée suivante du bon pied. Le sourire aux lèvres, le moral revenu, et même le soleil étaient de la partie. Il rentra chez lui en chassant les idées pessimistes mais au moment de franchir la porte d’entrée du hall, les quatre jeunes délinquants se tournèrent comme un seul homme vers lui. - Hé, t’as l’heure ? Il les ignora. -Hé, fils de pute, j’tai parlé. Regarde-moi quand j’te parle. Le meneur s’interposa entre l’étudiant et ...
... l’ascenseur. - File-moi ton portable, j’ai besoin de voir l’heure. Face au mutisme de sa victime, le meneur lui asséna une petite gifle. - Allez, donne ton portable avant que je m’énerve. Maxime tenta encore une fois de se faufiler vers la cage d’escalier. La petite frappe l’attrapa par le col et le ramena violemment à lui. Il approcha son visage à quelque centimètre du sien et lui ordonna d’une voix basse et impatiente : - File-moi ton portable ou je t’éclate la gueule. L’étudiant craqua. Il céda son portable et se hâta vers la cage d’escalier, tandis que le voleur se tourna vers ses potes en brandissant le téléphone comme un trophée. Maxime ne pensa à rien pendant son ascension vers l’ultime étage. Il se concentrait sur l’effort à fournir pour gravir toutes ces marches. Passé le neuvième étage, il éclata en sanglot. Il n’arrivait plus à contenir sa détresse et son moral plongea littéralement dans les abysses du mal-être. C’est avec les yeux embués qu’il aperçut un colis au pied de sa porte. Sa curiosité lui offrit un instant de répit dans ce moment douloureux. Il s’agissait d’un carton sans aucune étiquette. Impatient de rentrer chez lui, il prit le carton qu’il analyserait plus tard. Il s’écroula dans son lit et se remit à pleurer. Il se sentait si faible, si seul. Et violé. Ses camarades paraissaient si épanouis. Il était certain d’être le seul puceau de sa classe. Le ciel s’obscurcissait. Rien ne semblait pouvoir le tirer de là. De sombres, très sombres idées ...