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Hélène
Datte: 16/07/2021, Catégories: f, fh, jeunes, danser, Auteur: Nooz, Source: Revebebe
... l’enthousiasme de Marine et l’ambiance baisse considérablement. — Bon, d’accord, dit-elle sur un ton monocorde. Elle sort son terminal portable et commence à tapoter sur le clavier virtuel. — Que fais-tu ? — J’annule mon invitation, il est hors de question que j’aille là-bas toute seule. Comme tu le dis, je ne connais pas les codes, je n’ai pas envie de passer pour une godiche. — Ah non, non vas-y, je vais te trouver un chaperon pour la soirée, si tu veux. — Non, tu n’as pas compris, c’est avec toi que veux aller à cette fête, pas avec qui que ce soit d’autre. Elle continue à écrire son message. Hélène est déstabilisée. — Bon ça va, je viens avec toi, mais c’est bien pour te faire plaisir ! Elle se jette à son cou et pose un baiser sans équivoque. La chaleur de ses lèvres sur les siennes embrase pourtant son ventre. Munies d’un carton d’invitation si désuet à l’ère des biopuces, elles se présentent devant le manoir d’Hampton Court. C’est une bâtisse de style victorien qui aurait appartenu à la famille de John Ardwell. Le sésame cartonné fait merveille et le cerbère s’écarte avec une grande déférence. Le rez-de-chaussée est pourvu d’un généreux buffet alimenté d’alcool de tous ordres. Marine papillonne très vite de groupe en groupe avec un aplomb et une aisance qui mystifie Hélène. Il faut dire que la robe, qui lui a coûté fort cher, ne cache rien de ses atouts, tout en restant décente. Beaucoup de jeunes hommes de l’assistance sont attirés, elle ...
... sait garder les distances dans le plus pur style oxfordien. Malgré une robe de bien meilleure facture et qui semble avoir été coupée sur elle, Hélène n’a pas le même succès. Son attitude réservée, voire froide, ne convient pas à l’ambiance de l’endroit. Un verre de champagne à la main, elle scrute la ruche qui s’active dans la grande salle. L’orchestre de chambre vient de terminer une partita légère de Vivaldi et attaque la petite musique de nuit de Mozart, dans une indifférence totale. Une main se pose sur son épaule, elle sursaute totalement absorbée par ses pensées. Elle se retourne vivement. — André, mais qu’est-ce que tu fabriques ici ! — Bonsoir, Hélène, je viens d’être muté à la City, je ne savais pas que tu continuais ton cursus à Oxford. André, la trentaine, est un garçon sportif, les cheveux bruns, courts et coupés en brosse, le teint buriné, lui donnent un air de baroudeur. Sa carrure d’épaule, il la doit à une pratique à au niveau universitaire de football américain, c’est à Yale qu’il a exercé ses talents sportifs tout en suivant de brillantes études en biochimie moléculaire, puis a totalement bifurqué pour entreprendre des études en mathématiques, il est maintenant dans une agence de notation très influente. C’est ami de longue date, mais aussi une sorte de mentor concernant son orientation professionnelle. — Je suis contente de te voir, cela fait au moins un an que nous ne nous sommes pas rencontrés, que deviens-tu ? — Je viens de reprendre le ...