1. Chapitre 3


    Datte: 30/06/2021, Catégories: revede, fdanus, fantastiqu, Auteur: Camille_2, Source: Revebebe

    ... coup.
    
    Elle s’efforçait de digérer toutes les informations que l’homme venait de lui communiquer et de clarifier son esprit du mieux qu’elle le pouvait. Cette histoire n’avait aucun putain de sens ! Un type immortel, capable d’influencer le futur de l’humanité, se servait d’un tableau pour prendre du bon temps en venant lui bouffer la chatte dans un appartement de bobo ou en la laissant venir chez lui pour qu’elle lui taille une pipe. Comment mettre fin à tout ça ? D’après un autre type, manifestement atteint d’un cancer en phase terminale et qui aimait se volatiliser à la sortie des bars, les jours de semaine, il suffisait de larder le portrait à coups de canif en obsidienne, taillé il y a mille ans par un moine de Shaolin… Comme ça, le continuum espace-temps allait se rebooter, et les vaches seraient bien gardées.
    
    Assise sur le bord du trottoir, la jeune femme arriva à la conclusion suivante : soit elle était folle, et ce qui lui arrivait était le fruit de son imagination (mais alors, où était-elle allée chercher ce personnage créé par un écrivain dont elle connaissait à peine le nom quelques jours auparavant ?), soit tout était vrai. Dans un cas comme dans l’autre, détruire le portrait servirait peut-être à mettre un terme à son délire… ou à son envoûtement par l’Homme Noir. Si tout rentrait dans l’ordre (quitte à modifier le cours du temps, ne l’oublions pas, mais on n’allait pas non plus s’encombrer avec de pareilles futilités, n’est-ce pas ?), tant mieux. Sinon, ...
    ... elle irait d’elle-même se présenter à l’accueil du premier hôpital psychiatrique venu et devrait rembourser à Cécile un tableau qui, espérons-le, ne lui avait pas coûté trop cher.
    
    Tournant la tête, elle remarqua son verre de bière posé à côté d’elle. Hana l’avait laissé là, en sortant du bar, pour allumer sa cigarette. La jeune femme le vida d’un trait. Sa décision était prise. Elle allait faire ce qui lui avait été demandé ; mais avant cela, personne ne l’empêcherait de conclure le jeu qu’elle avait entamé avec l’Homme Noir, dût-elle y perdre son âme. Résolue, elle se releva, essuya l’arrière de sa salopette et retourna dans le bar pour prévenir Marc et Carine (ou Carole) de son départ anticipé.
    
    *
    
    En arrivant à l’appartement, Hana se servit une bonne rasade deTalisker. Le goût tourbeux du whisky lui apporta le coup de fouet qu’elle recherchait. Après avoir fumé une dernière cigarette, elle retira ses vêtements dont elle fit une pile, au milieu de laquelle elle prit soin de dissimuler la dague. Portant son fardeau à bout de bras, elle se dirigea vers la chambre, telle une prêtresse d’Anoukis se rendant à l’office. Elle posa les vêtements à côté du lit et s’allongea, toutes lumières éteintes.
    
    Hana commençait à somnoler quand l’ombre émergea du portrait. Elle se déploya dans la pièce comme les ailes d’une raie de quartz gigantesque, animée de battements scintillants. La forme ondula un moment, adoptant sans cesse une structure plus complexe, avant de s’élever jusqu’au ...
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