1. Baby-sitting (5)


    Datte: 06/10/2020, Catégories: Transexuels Auteur: Sam Botte

    5
    
    — Bien, on y va je plante le décor : première chose, à partir de maintenant, vous n’êtes plus Sam, vous êtes moi. Après tout, c’est ce que vous vouliez, non? ... Bien. Donc il va falloir qu’à partir de maintenant, vous pensiez comme moi. Ca ne suffit pas que vous soyez dans mes vêtements, il va falloir que vous réussissiez à être dans ma tête!
    
    Bon, alors voilà; vous avez rendez-vous un homme qui a su vous faire comprendre que vous l’intéressiez. Il a une petite quarantaine, un look de jeune cadre dynamique et plein d’avenir, plutôt beau mec. Vous avez accepté de le retrouver au restaurant, vous savez ce qu’il veut et vous, vous êtes prête à tenter le coup. OK ? … Allez, c’est parti!
    
    Elle me passa le manteau de fourrure qu’elle avait laissé dans cette pièce en rentrant une heure plus tôt, puis m’entraîna jusqu’à la porte qu’elle referma et retourna s’asseoir au bureau.
    
    — Là, voilà, vous rentrez dans la salle du resto. A vous de jouer… Au fait, moi, c’est Pascal.
    
    Dans le couloir, je pris une grande inspiration. C’était "à moi de jouer". Je ne savais plus à quel moment tout avait dérapé, ni comment cette soirée allait évoluer. Je ne pus m’empêcher de penser que j’avais complètement gâché toutes mes chances de la séduire!
    
    Je sortis de la poche du manteau une paire de longs gants en cuir mais n’enfilai que le droit, gardant l’autre dans ma main gantée. En poussant la porte, je balayai du regard ce qui était censé être la salle du restaurant, puis me dirigeai vers elle qui venait de se lever. Bises chastes sur les joues (à son initiative), elle m’invita à m’asseoir après m’avoir aidé à retirer mon manteau, puis attaqua :
    
    — On commande l’apéritif? Pour moi, ça sera un gin tonic, tu prends quoi, toi?
    
    — Gin tonic, ça me va bien.
    
    Elle se leva et revint avec deux verres remplis en murmurant "Là, j’en ai vraiment besoin!", puis reprenant le cours du jeu, elle me dit :
    
    — Je suis vraiment content que tu aies pu finalement te libérer. Depuis l’autre soir, j’avais très envie de t’inviter et de passer une soirée avec toi.
    
    — Je suis contente aussi. A la tienne...
    
    Je me rendis compte que je n’avais pas trop à me forcer, ni pour parler au féminin, ni pour la tutoyer. Elle avala d’un trait une grande gorgée de cocktail et je sentis sa jambe caresser la mienne! Je ne bougeai pas.
    
    Le sourire qu’elle s’efforça de masquer me prouva que j’avais réagi comme elle l’attendait –et non pas comme j’aurais souhaité pouvoir le faire!
    
    — Tu es très élégante. C’est du satin, non? Je peux toucher?
    
    Elle tendit son bras par-dessus le bureau et caressa mon épaule.
    
    — Oui, c’est du satin!
    
    — Tu as ta baby-sitter jusqu’à quelle heure?
    
    — Pourquoi?
    
    — Parce qu’après le repas, on pourrait continuer la soirée ailleurs, juste toi et moi...
    
    Elle finit son verre, alla s’en resservir un et se rassit en disant :
    
    — Passons les détails, tout le repas se déroule dans ce genre d’ambiance. A votre avis, à ce moment là, je pensais quoi, moi? ...
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